De retour à Santiago, acte 2
Samedi dernier, j'ai quitté mon hôtel sous un ciel ensoleillé. Parfait pour une marche de 4.5 Km jusqu'à la station d'autobus.
Je constate que le comptoir de tickets est fermé le samedi. Je m'informe du numéro du quai; ce sera vers le 16. L'autobus est prévu pour 12h.
Vers 11h15, une autobus se stationne au quai 14 et l'affichage indique Santiago. Je m'approche et je comprends que le chauffeur ne vend pas de billets. Il m'envoie au comptoir que je sais fermé. Je me pose quelques questions. J'essaie de savoir ce qui se passe en cherchant d'autres passagers qui vont à Santiago. Chacun y va de ses idées: un monsieur me conseille de prendre le train...
Finalement, un autre chauffeur monte dans l'autobus et il a son nécessaire de vente de billets avec lui. Six euros plus tard, je suis bien installée dans la carlingue d'acier pour admirer le paysage.
J'avais remarqué une autre voyageuse avec un attirail de caminette. Elle se rend à Santiago aussi. Elle me parait sympathique. À l'arrivée à Santiago, je m'approche d'elle et lui demande si elle a fait le Camino. Oui, mais elle s'est blessée; une foulure ou une entorse. Elle a du abandonner le camino primitivo ne pouvant plus marcher sans douleur. Elle m'est encore jamais venue à Santiago.
Je lui offre de me suivre jusqu'à l'albergue Seminario Menor qui me semble la meilleure solution d'hébergement à Santiago, valeur qualité-prix.
Elle part déjà dimanche pour l'Autriche. Elle a peu de temps pour visiter Santiago. Je lui offre aussi de l'amener jusqu'à la Cathédrale. Nous nous donnons quelques minutes pour nous installer dans nos chambres. Il est 14h30; nous avons peu de temps compte tenu que nous devons manger.
Je lui propose de dîner chez Manolo. L'attente a été très longue, mais le repas est copieux et abordable. Nous buvons une bouteille de vin rouge. Najda dit que ça endort sa douleur à la jambe. Après dîner, nous rencontrons un Anglais d'origine polonaise avec qui elle a marché sur le Camino primitivo. Je lui parle de la Compostella de Saint-François-D'Assise et je les y conduit. C'est vraiment un gars bizarre parce qu'il n'a aucun désir de recevoir l'autre Compostella. On aurait dit qu'il allait chercher celle-là pour me faire plaisir.
Nous assistons à la messe Najda et moi. Pas de botafumerio à l'horizon, mais une messe en galicien.
Par la suite, nous rencontrons à nouveau notre anglais et nous nous rendons au bar où j'ai l'habitude de me connecter sur le WF. Et là, nous avons pas bu une, mais 3 bouteilles de vin rouge. Ce ne fut pas très difficile de m'endormir, cependant j'ai voyagé à la toilette de nombreuses fois.
Nous n'avions pas vraiment pris de rendez-vous pour ce matin. Heureuse surprise, l'anglais fume à l'extérieur de l'albergue quand je sors pour aller en ville. J'avais un rendez-vous avec Charlotte à 10 h devant la cathédrale. Quelques minutes plus tard, Najda arrive. Donc, nous sommes parties ensemble pour déjeuner. Encore au même bar que la veille, mes nouveaux amis y font la rencontre d'un copain qui habite à Barcelone. J'en profite pour lui demander quelques conseils pour visiter cette ville.
Par la suite, je les amène faire le tour de la cathédrale; nous rencontrons 2 autres compagnons de notre anglais. Après une petite jasette, nous continuons notre tournée. Je les amène Rua de Villar et Rua Franco, les deux plus vieilles rues de Santiago. Je me sens un peu guide touristique, mais enfin...
Viens l'heure du départ pour mes 2 copains, ils prennent l'avion dans l'après-midi et il est l'heure pour eux de prendre leurs bagages et de rejoindre la gare d'autobus pour se rendre à l'aéroport.
Je suis gagnée par la tristesse. J'ai envie de pleurer. Je me sens encore plus seule parce que Charlotte n'était pas au rendez-vous. Je m'en doutais un peu avec le mauvais temps des derniers jours, elle est probablement retournée en France plus tôt. J'ai assisté à la messe des pèlerins et le botafumerio était de la partie. Quand je suis sortie de l'église, il faisait si beau. Je suis retournée sur la rua Franco et je me suis payé une petite folie: 6 huitres sur glace avec un verre de vin blanc. Un accord parfait choisi par le maitre d'hôtel.
Petite séance de magasinage, je cherche des cadeaux pour toute la famille. Comme ça, cela va m'éviter cette corvée avant les fêtes. Ils auront des souvenirs de voyage cette année sous le sapin.
Ensuite, retour au café internet pour communiquer avec une personne cher à mon coeur et retour à l'albergue vers 17h. J'ai acheté de quoi souper dans une boulangerie en passant. J'ai mangé mon lunch en bas à la cuisine dans l'espoir de rencontrer quelqu'un. Mais non, pas cette fois. Je suis retournée à ma chambre mettre à jour mon blogue. Après quelques lignes, j'ai décidé d'aller à l'extérieur pour profiter du retour du beau temps. En arrivant dehors, j'entends deux femmes qui parlent français: c'est de la musique à mes oreilles. Une des deux est québécoise, cela s'entend comme le disent les Français.
Je les laisse finir le sujet de leur conversation et je leur dit quelques mots. La Québécoise a terminé hier son camino Frances par le Finisterra et part pour Barcelone demain en train (12 heures) et la Française part demain pour Finisterra.
Nous avons pris rendez-vous à Barcelone la Québécoise et moi. Nous reviendrons à Montréal par le même vol. J'ai demandé à la Française si je pouvais l'accompagner pour le premier kilomètre comme Marieke l'avait fait pour moi et elle a accepté. Nous déjeunerons ensemble à l'albergue demain matin à 8h30.
Je suis assez contente de ces deux rencontres. Demain, j'aurai de quoi m'occuper et surtout une personne à qui parler ma langue. De plus, je trouve sympa d'avoir une copine avec moi à Barcelone.
Lundi
J'ai accompagné ce matin Dolores sur le premier Km vers Finisterra. Elle était bien contente que je l'accompagne. Elle aussi se sentait seule, comme moi la semaine dernière, sur ce dernier chemin d'autant plus qu'elle l'a fait la dernière fois avec son frère et sa soeur. Elle ne sera pas seule longtemps puisque nous avons rencontré une Italienne, Déborah, qui veut faire ce chemin en 4 jours. C'est possible, mais avec des étapes de 30 Km. Le beau temps est présent; ce qui devrait faciliter la marche de mes deux copines.
Ensuite, je suis revenue sur mes pas, saluant au passage les quelques pèlerins courageux qui se dirigeaient vers Finisterra et Muxia.
J'ai occupé mon avant-midi à magasiner mes derniers cadeaux. Je suis assez contente du résultat; je pourrai me passer de presque tout le magasinage des Fêtes. J'ai aussi visité le Musée de l'art sacré où j'ai vu la statut d'un étrange pélican. Je vais faire une recherche sur Internet à ce sujet. Il me faisait penser au phénix de la légende. J'ai essayé d'aller au second édifice du Musée des pelegrinos, mais ce sera ouvert que demain selon la dame de la sécurité.
Ce midi, j'ai mangé chez Manolo et j'ai bu une bouteille de vin au complet. Je suis retournée à l'albergue légèrement ''gorlot''; ce qui m'a valu de passer le reste de l'après-midi au lit à cuver mon vin. Heureusement, ce n'est pas coutume.
Pour la soirée. j'ai prévu visite au café internet, envoi de messages et téléphone à maman. Demain, visite de ce musée des pèlerins et je ne sais pas encore quoi d'autres.