L’histoire se passe au moyen âge.
Il était une fois une reine très belle, la reine de cariboutie qui, disait-on, était dotée de pouvoirs magiques. Elle entrepris un jour un pèlerinage dans un voyage semé d’embuches pour aller visiter les reliques d’un saint nommé Jack (dit le matamore). Issue de la célèbre famille Daniels, il était mort sur les côtes de Galicie d’un accident de planche à voile.
Pour l’accompagner dans son périple, elle était accompagnée d’une partie de sa cour.
Tout d’abord sa fille, la princesse cariboulette. La princesse était toute fraiche dans la blondeur de ses vingt ans et ce voyage était aussi pour la reine un moyen de la protéger. En effet, la princesse avait pris l’habitude depuis quelques temps d’aller trainer dans les tavernes obscures pour aller éprouver ses peurs de jeune fille, là où des soudards en voulaient à sa virginité. Elle était promise à un beaucoup plus beau destin puisqu’elle devait épouser un prince de noble lignée. Mais pour l’heure, celui-ci était parti guerroyer et festoyer avec ses amis chevaliers dans le continent eurasien. Elle était très inquiète des rencontres que le prince pourrait faire dans des pays où des créatures ensorceleuses savaient séduire les jouvenceaux fortunés pour leur piquer de la tune ! Mais elle savait au fond d’elle-même que son amour naissant avait besoin de s’éprouver et de se fortifier avant de s’épanouir.
Afin de veiller sur sa fille, la reine avait emmené sa fidèle gouvernante, Mamie. Celle-ci était censée lui inculquer les bonnes manières et la maitrise de soi qui sied aux gens de noble sang. Las, la gouvernante était amoureuse comme une donzelle qui découvre le loup et son esprit était ailleurs. Elle passait ses journées à soupirer, à s’enivrer des émois que son cœur, dégoulinant de suavité, exprimait. Elle aimait un fier torero qui construisait pour elle une solide maison de bois afin d’abriter leur amour. Elle était impatiente de le rejoindre, mais l’ouvrage, débuté dix ans plus tôt, progressait peu, les délais étant, c’est bien connu, très longs dans le secteur du bâtiment. Du moins, c’est le langage qu’il lui tenait !
Afin d’assurer un voyage paisible et d’éviter tout danger à ces femmes pubères, la reine était accompagnée de son intendant. Le personnage, dénommé Geek, était fantasque. Il était d’une efficacité sans faille pour organiser le gite et le couvert, mais sa compagnie était parfois pénible. En effet, il avait la désagréable faculté de parler (souvent pour ne rien dire), du lever du soleil au crépuscule sans qu’il eut été besoin de l’y inviter. Même la reine qui était très autoritaire ne savait comment le faire taire. Peu lui importait qu’on l’écouta. Ce qui l’animait de tant de volubilité, c’était de combler un vide. Il était un peu sorcier, mais surtout ensorcelé. Sa grande sagesse n’avait pas résisté à la divinité à face de bouc à laquelle il déclarait moult psaumes et déposait des images pieuses à longueur de journée.
Le cinquième personnage de notre histoire était Hubert, le fidèle serviteur de la reine. Il était le fils du savetier Walter, artisan réputé, qui était tombé en disgrâce auprès de la cour de cariboutie car, lui qui était censé se consacrer aux pieds des femmes de la famille royale, s’intéressait d’un peu trop prés à ce qui se passait au dessus. Hubert était pauvre et d’apparence chétive. Il n’avait rien de flamboyant, mais il était d’une fidélité sans faille à sa reine, qui en profitait bien.
Par une journée étrange, la reine et sa cour s’étaient égarés dans la montagne. Le soir tombait et, perdus dans la brume, entourés de loups et de bêtes féroces, il ne durent leur salut qu’aux pouvoirs magiques de la reine. Celle-ci avait une facilité à invoquer les esprits. Elle convoquait fréquemment le plus puissant d’entre eux, Wifi et celui-ci lui répondait immédiatement. Ce fut le cas, il les conduisit vers une modeste masure habitée par une paysanne analphabète. Elle leur fut d’un grand secours. Elle leur offrit un repas frugal composé d’animaux étranges, mi serpents, mi poissons, que la princesse cariboulette avala avec dégout mais nécessité.
Ils dormirent dans la grange. La reine avait bien sûr le plus beau lit. Hubert était couché à ses pieds sur une paillasse infâme infestée de puces. Pourtant, cette nuit là, il fut le plus heureux des hommes. Perclus de douleurs, mais couché aux pieds de sa reine, il n’aurait donné sa place pour rien au monde. En vérité, je vous le dis, il nourrissait un fol amour pour sa reine, mais se gardait bien de le lui avouer. Il avait bien trop peur du sort réservé aux hommes de sa condition d’oser seulement lever les yeux sur une créature de sang royal.
Il était une fois une reine très belle, la reine de cariboutie qui, disait-on, était dotée de pouvoirs magiques. Elle entrepris un jour un pèlerinage dans un voyage semé d’embuches pour aller visiter les reliques d’un saint nommé Jack (dit le matamore). Issue de la célèbre famille Daniels, il était mort sur les côtes de Galicie d’un accident de planche à voile.
Pour l’accompagner dans son périple, elle était accompagnée d’une partie de sa cour.
Tout d’abord sa fille, la princesse cariboulette. La princesse était toute fraiche dans la blondeur de ses vingt ans et ce voyage était aussi pour la reine un moyen de la protéger. En effet, la princesse avait pris l’habitude depuis quelques temps d’aller trainer dans les tavernes obscures pour aller éprouver ses peurs de jeune fille, là où des soudards en voulaient à sa virginité. Elle était promise à un beaucoup plus beau destin puisqu’elle devait épouser un prince de noble lignée. Mais pour l’heure, celui-ci était parti guerroyer et festoyer avec ses amis chevaliers dans le continent eurasien. Elle était très inquiète des rencontres que le prince pourrait faire dans des pays où des créatures ensorceleuses savaient séduire les jouvenceaux fortunés pour leur piquer de la tune ! Mais elle savait au fond d’elle-même que son amour naissant avait besoin de s’éprouver et de se fortifier avant de s’épanouir.
Afin de veiller sur sa fille, la reine avait emmené sa fidèle gouvernante, Mamie. Celle-ci était censée lui inculquer les bonnes manières et la maitrise de soi qui sied aux gens de noble sang. Las, la gouvernante était amoureuse comme une donzelle qui découvre le loup et son esprit était ailleurs. Elle passait ses journées à soupirer, à s’enivrer des émois que son cœur, dégoulinant de suavité, exprimait. Elle aimait un fier torero qui construisait pour elle une solide maison de bois afin d’abriter leur amour. Elle était impatiente de le rejoindre, mais l’ouvrage, débuté dix ans plus tôt, progressait peu, les délais étant, c’est bien connu, très longs dans le secteur du bâtiment. Du moins, c’est le langage qu’il lui tenait !
Afin d’assurer un voyage paisible et d’éviter tout danger à ces femmes pubères, la reine était accompagnée de son intendant. Le personnage, dénommé Geek, était fantasque. Il était d’une efficacité sans faille pour organiser le gite et le couvert, mais sa compagnie était parfois pénible. En effet, il avait la désagréable faculté de parler (souvent pour ne rien dire), du lever du soleil au crépuscule sans qu’il eut été besoin de l’y inviter. Même la reine qui était très autoritaire ne savait comment le faire taire. Peu lui importait qu’on l’écouta. Ce qui l’animait de tant de volubilité, c’était de combler un vide. Il était un peu sorcier, mais surtout ensorcelé. Sa grande sagesse n’avait pas résisté à la divinité à face de bouc à laquelle il déclarait moult psaumes et déposait des images pieuses à longueur de journée.
Le cinquième personnage de notre histoire était Hubert, le fidèle serviteur de la reine. Il était le fils du savetier Walter, artisan réputé, qui était tombé en disgrâce auprès de la cour de cariboutie car, lui qui était censé se consacrer aux pieds des femmes de la famille royale, s’intéressait d’un peu trop prés à ce qui se passait au dessus. Hubert était pauvre et d’apparence chétive. Il n’avait rien de flamboyant, mais il était d’une fidélité sans faille à sa reine, qui en profitait bien.
Par une journée étrange, la reine et sa cour s’étaient égarés dans la montagne. Le soir tombait et, perdus dans la brume, entourés de loups et de bêtes féroces, il ne durent leur salut qu’aux pouvoirs magiques de la reine. Celle-ci avait une facilité à invoquer les esprits. Elle convoquait fréquemment le plus puissant d’entre eux, Wifi et celui-ci lui répondait immédiatement. Ce fut le cas, il les conduisit vers une modeste masure habitée par une paysanne analphabète. Elle leur fut d’un grand secours. Elle leur offrit un repas frugal composé d’animaux étranges, mi serpents, mi poissons, que la princesse cariboulette avala avec dégout mais nécessité.
Ils dormirent dans la grange. La reine avait bien sûr le plus beau lit. Hubert était couché à ses pieds sur une paillasse infâme infestée de puces. Pourtant, cette nuit là, il fut le plus heureux des hommes. Perclus de douleurs, mais couché aux pieds de sa reine, il n’aurait donné sa place pour rien au monde. En vérité, je vous le dis, il nourrissait un fol amour pour sa reine, mais se gardait bien de le lui avouer. Il avait bien trop peur du sort réservé aux hommes de sa condition d’oser seulement lever les yeux sur une créature de sang royal.
Le lendemain, en invoquant Wifi, la reine entendit l’appel de son roi de mari, un homme puissant de grande
lignée qui parcourait le monde afin de trouver des richesses pour le compte du royaume de cariboutie. Il était
pour l’heure dans une cité où l’on vénérait depuis des millénaires la mémoire d’un homme (mi dieu, mi humain),
qui avait été cloué sur une croix pour avoir prétendu que ceux qui le suivraient seraient sauvés! Ce qui,
convenons-en, méritait un tel châtiment. Le roi demandait à la reine de caroubouti de le rejoindre sans délais
dans cette ville étrange peuplée de macaronis !
Ce signal annonça la fin du voyage. Dès ce moment, la reine n’eu de cesse que d’aller poser son royal séant sur la tête de son homme. Elle fit virer Wifi au cramoisi pour que ses vœux soient exaucés, laissant plantés là ses gens de cour désœuvrés, chacun se retrouvant livré à lui-même.
La princesse cariboulette, d’abord désarçonnée, goutta goulûment cette nouvelle liberté, comme Eve croqua la pomme. Elle partit sur son chemin, gambadant de plus en plus vite, s’enivrant de rencontres et d’émois nouveaux. Elle y perdit son innocence mais y connu l’extase.
L’intendant Geek continua son chemin à lui, sans se rendre compte de rien, discourant comme à son habitude avec tout ce qui portait jupon, corole ou parfum. Il semblerait qu’il discourra toujours, mais avec les poissons cette fois, car étant parvenu au bout de la terre de Galice il s’enfonçât dans la mer. C’était la fin pour ce pauvre hère, ce qui a d’ailleurs donné au lieu son nom (il est finit cet hère).
La gouvernante aussi ne se rendit compte de rien. La légende dit qu’elle est toujours posée au bord d’une rivière de montagne, se mirant dans l’eau en tressant sa chevelure blonde, dans l’attente d’un message de son matamore. Las, ce dernier utilisait un couple de pigeons voyageurs Androïde et goût gueule pour converser avec elle. Les pauvres bêtes étaient épuisées des voyages incessants qui portaient toujours les mêmes messages (ma mie, je me languis de toi, mon cœur est retourné comme une crêpe au sirop d’érable, ma vie est sans saveur, les gosses me pèsent 1). Un jour, par mégarde, un chasseur galicien tua les pauvres bêtes et la gouvernante attend toujours le message!
Hubert, le serviteur, ne se remit jamais du départ de la reine. Il sombra dans la folie, se sentant trahi. Il changea de vie et rejoignit, à l’autre bout du monde, un homme étrange, barbu et mal soigné, dont il avait vu le portrait chez la vieille paysanne. Il parcourait des terres inconnues, un cigare dans la bouche, en luttant contre la bourgeoisie qui l’avait tant fait souffrir, au cri de : « Viva la révolution » (prononcer révolutionne). Il pensait avoir gagné sa liberté, mais en réalité, il n’avait fait que changer de maître. Quand on nait en servitude, on le reste toute sa vie.
(1) Enfrançaisdansletexte
Oyez, oyez. Ainsi va la fabuleuse histoire de cariboutie, où se mêlent la passion, l’amour, la magie, la jalousie. Bref, c’est une histoire humaine._ L'auteur, Rémi Pailler.
Note de Lise: Pour les intimes, chacun de ces personnages, vous l'aurez deviné, représente un des 5 copains qui marchaient ensemble sur le Camino Frances.
Dans l'ordre d'apparition dans le texte de Rémi:
la reine: Chantal; la princesse: Maria; la gouvernante: Lise; l'intendant: Olivier; le serviteur: Rémi.
Ce signal annonça la fin du voyage. Dès ce moment, la reine n’eu de cesse que d’aller poser son royal séant sur la tête de son homme. Elle fit virer Wifi au cramoisi pour que ses vœux soient exaucés, laissant plantés là ses gens de cour désœuvrés, chacun se retrouvant livré à lui-même.
La princesse cariboulette, d’abord désarçonnée, goutta goulûment cette nouvelle liberté, comme Eve croqua la pomme. Elle partit sur son chemin, gambadant de plus en plus vite, s’enivrant de rencontres et d’émois nouveaux. Elle y perdit son innocence mais y connu l’extase.
L’intendant Geek continua son chemin à lui, sans se rendre compte de rien, discourant comme à son habitude avec tout ce qui portait jupon, corole ou parfum. Il semblerait qu’il discourra toujours, mais avec les poissons cette fois, car étant parvenu au bout de la terre de Galice il s’enfonçât dans la mer. C’était la fin pour ce pauvre hère, ce qui a d’ailleurs donné au lieu son nom (il est finit cet hère).
La gouvernante aussi ne se rendit compte de rien. La légende dit qu’elle est toujours posée au bord d’une rivière de montagne, se mirant dans l’eau en tressant sa chevelure blonde, dans l’attente d’un message de son matamore. Las, ce dernier utilisait un couple de pigeons voyageurs Androïde et goût gueule pour converser avec elle. Les pauvres bêtes étaient épuisées des voyages incessants qui portaient toujours les mêmes messages (ma mie, je me languis de toi, mon cœur est retourné comme une crêpe au sirop d’érable, ma vie est sans saveur, les gosses me pèsent 1). Un jour, par mégarde, un chasseur galicien tua les pauvres bêtes et la gouvernante attend toujours le message!
Hubert, le serviteur, ne se remit jamais du départ de la reine. Il sombra dans la folie, se sentant trahi. Il changea de vie et rejoignit, à l’autre bout du monde, un homme étrange, barbu et mal soigné, dont il avait vu le portrait chez la vieille paysanne. Il parcourait des terres inconnues, un cigare dans la bouche, en luttant contre la bourgeoisie qui l’avait tant fait souffrir, au cri de : « Viva la révolution » (prononcer révolutionne). Il pensait avoir gagné sa liberté, mais en réalité, il n’avait fait que changer de maître. Quand on nait en servitude, on le reste toute sa vie.
(1) Enfrançaisdansletexte
Oyez, oyez. Ainsi va la fabuleuse histoire de cariboutie, où se mêlent la passion, l’amour, la magie, la jalousie. Bref, c’est une histoire humaine._ L'auteur, Rémi Pailler.
Note de Lise: Pour les intimes, chacun de ces personnages, vous l'aurez deviné, représente un des 5 copains qui marchaient ensemble sur le Camino Frances.
Dans l'ordre d'apparition dans le texte de Rémi:
la reine: Chantal; la princesse: Maria; la gouvernante: Lise; l'intendant: Olivier; le serviteur: Rémi.
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