Ce matin, j'ai tout fait de travers. Premièrement, je me suis levée trop tôt. Sylvie m'ayant réveillée vers 6h30. Elle devait partir le plus vite possible parce qu'elle veut se rendre au Finisterre dans la journée puisqu'elle quitte l'Espagne demain.(34Km)
Donc, je me lève parce que je ne ferme plus les yeux et je me prépare. Une fois prête à partir, j'entends des gouttes de pluie à l'extérieur. Quant cela ne tienne, je sors mon poncho et tout est beau. Cependant, il n'est que 7h30 et le soleil se lève vers 8h30. À ce moment, j'ai manqué à deux de mes principes: partir plus tard pour ne pas marcher à l'obscurité et ne pas partir quand il pleut. De plus, je décide de déjeuner en chemin, les prochains restaurants n'étant qu'à 3 km.
Bon, il pleut vraiment beaucoup et il vente. Je me dis que je vais me rendre au prochain village qui est à 3 ou 4 km et que j'aviserai rendue là. J'y dormirai peut-être. Je marche en essayant de voir avec la pluie dans mes lunettes et le peu de lumières disponible. J'ai tôt fait de constater que les lampes frontales quand il pleut sont plus une nuisance qu'une aide. Donc, je ferme la mienne. Arrivée à un carrefour, je vois la stèle avec la coquille et je prends à gauche. C'est une petite route qui longe une rivière et je ressens de la peur. Je continue malgré cet avertissement; je traverse la rivière sur un barrage, je remonte sur l'autre rive et je ne me sens pas bien. En haut de la côte, pas de signe. J'aurai du me douter de quelques choses, Je prends à droite comme l'indique mon guide et un peu plus loin un camionneur arrête son camion. Il semble dire que ce n'est pas le bon chemin. Je retourne sur mes pas et prends un autre chemin à droite. Un autre camionneur me dit que ce n'est pas le bon chemin. Il me montrait le chemin du barrage et je ne comprennais pas parce que mon guide parlait de ce barrage. Je retourne sur le premier chemin et arrivée en bas, je découvre un chantier de construction. Un des ouvriers essaie de m'aider, mais son anglais avec un accent espagnol n'est pas évident à comprendre. Donc, je retourne au 1er carefour. Il m'avait bien dit de tourner à gauche. Pas de chemin à gauche. Je décide de retourner à Olveiroa afin de prendre un taxi jusqu'au prochain village. C'est pas correct, mais avec 4 Km de fait pour rien et mes impressions de frayeur sur le chemin, je me demande comment sera le reste de la journée.
Je repasse sur le barrage et à environ un demi Km de là, j'aperçcois la stèle avec la coquille que j'avais prise à gauche. Bien, j'avais fait erreur! Depuis Santiago vers le Finisterra, il faut les prendre à l'envers; j'avais donc inverser le signe et ce qui m'avait conduite sur le mauvais chemin.
Ayant constaté mon erreur, je me dis que je devrais me rendre au prochain village à pied puisque je n'étais plus perdue.
Je marche dans la forêt, tout est mouillé et je constate que mes bottes et mes vêtements le sont aussi. Je deciderai ce que je ferai au restaurant. Pour une fois, il y a bien un restaurant à 3 Km. Je débarque là trempée. Je commande mon petit déjeuner. Un vieil homme parle un peu le français. Il l'a appris en Suisse. Je sors mon ipad et m'informe de la météo pour les prochains jours. C'est comme prévu précédemment, il y a de la pluie jusqu'à dimanche. Me voilà prise avec cette pluie pour la journée, demain il y en aura un peu moins. Je prends mon courage à deux mains et j'enlève mes bottes pour mettre mes sandales. Les deux Suissesses, rencontrées sur la bateau entre Saint-Nazaire et Gijon, ne marchaient-elles pas en sandales? Je vais l'essayer. De plus, il ne fait pas froid dehors malgré la pluie et le vent. Une affiche m'avertit tout de même qu'il n'y aura aucun service sur les 15 prochains Km.
J'ai mangé des noix pour dîner dans une petite halte aménagée près d'une chapelle.
J'ai marché 28 km finalement au lieu des 21 du guide. Je suis arrivée fourbue à Cée, mais quand j'ai vu la mer et la ville tout en bas, j:ai retrouvé assez d'énergie pour prendre quelques photos.
Je suis présentement dans une albergue avec 2 autres personnes. C'est vraiment loin de la foule des derniers jours. La pluie en a sans doute découragée plus d'un. Pour ma part, il me reste 14 Km pour Finisterra et 3 km allée-retour pour le bout de la terre. Gageons que j'y serai demain avec mes sandales aux pieds.
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