jeudi 6 novembre 2014

Barcelone

J'arrive à peine d'une tournée à Barcelone. Il est 20:35 h. Mes pieds demandent grâce. La journée a débuté ce matin vers 5 h 45 qunad je me suis lever pour compléter mes bagages. Ensuite, départ de l'albergue a pied jusqu'a la station d'autobus, un bon 2 km avec mes bagages qui ont gonflés avec mes nombreux achats. L'autobus était rempli et j'ai reconnu plusieurs pensionnaire de mon albergue. Je suis arrivée à l'aéroport suffisamment tôt pour enregistrer mes bagages et dejeuner. L'avion est parti comme prévu à 9h 15. La durée du vol: environ 1 heure et quart plus l'attente des bagages qui a été somme toute assez longue. A l'aéroport, des boutiques Desigual partout, je me garde d'y entrer. J'ai pris le bus pour la Place Catalunya. J'avais écrit l'itinaire hier soir pour me rendre à mon Hostel, mais arrivee sur place ce n'est pas évident de trouver la bonne direction. Après avoir tourné en rond et demandé plusieurs fois mon chemin, j'ai pu poser mes bagages en sécurité dans un locker installé dans ma chambre. Il faut vous dire que je voulais terminer mon voyage dans un dortoir. J'ai pu visiter le Park Guel cet après-midi et bien des rues. Demain, grande tournée des points d'intérêts touristiques. le jour de mon départ, je serais bien restée quelques jours de plus à Barcelone: Sagrada Famillia,Park Guel,Arc de triomphe,Musée Picasso et tous plus magnifiques endroits que j'ai visités. De plus, mon voyage s'est terminé royalement, hier soir, avec l'explosion de couleur et de musique de la Fontaine magique. Ce spectacle est féérique. Il y a eu quelques bizarreries encore ce matin avec le train de l'aéroport qui rentre en gare juste comme je met le pied sur la plateforme ainsi qu'avec l'heure. Pour l'heure, j'ai obtenu l'explication à l'aéroport. L'Espagne aussi avance l'heure en automne et c'était la nuit dernière. Avec ce changement, je ne connais plus la différence exacte avec l'heure du Québec. Donc, je suis arrivée avec une bonne avance à l'aéroport. J'ai mangé un peu. J'ai revu Guylaine, une québécoise rencontrée à Santiago, au comptoir de check-in et, ensuite, juste avant l'embarquement. Décidément, nous ne sommes pas destinées à rester ensemble longtemps. Je n'ai pas pu me connecter à l'aéroport. J'aurais aimé envoyer des messages à mes enfants et à Jacques. C'est long 8 heures d'avion...

vendredi 24 octobre 2014

Au Canada

Mercredi
Lever, déjeuner au café internet où j'ai lu au sujet de l'attentat de Saint-Jean-sur-Richelieu. Quelle désolation! Et si c'était vraiment lié à la fatma du mois dernier contre tous les canadiens...
Je suis retournée au Museo des peregrinos pour une seconde fois. J'ai beaucoup aimé ce musée.
Ensuite, flânerie dans les rues de Compostelle, suivie d'un tour de train touristique à travers la ville. J'ai découvert de nouveaux quartiers et en descendant du train, j'ai décidé de prendre un nouveau chemin pour revenir à mon albergue. Je suis passée devant une boutique Yves Rocher et puisque je n'avais plus d'échantillon de crème, je me suis dit que je pourrais m'en procurer. Finalement, j'ai pris un soin de peau appelé Illumination. L'esthéticienne s'est trompé; j'ai eu 1 heure de soin alors que j'avais demandé 30 minutes. Hourra! 
Par ce nouveau trajet, j'ai passé par la Rua des orfèvres que je n'avais pas encore visitée et dont j'ai entendu parler au Musée des pèlerins. Je suis arrêtée dans un restaurant qui affichait un menu du jour à 8.90 euros. Pour ce prix, une entrée de spaghetti carbonara gratinés, un verre de vin, une assiette principale de frites, salade verte et morue, cafe ou dessert. J'ai eu un gros problème avec la salière; elle s'est ouverte dans mon assiette. Le serveur m'en a fait préparer une autre.
Puis retour à l'albergue pour une petite sieste d'après-midi.
Mon sieste s'est prolongée jusqu'à 16 h 30; ce qui m'a fait penser que je suis peut-être encore un peu fatiguée de mon expédition à pied. J'avais faim. Donc, j'ai décidé d'aller souper dans un petit café où j'avais déjà déjeuné, il y a quelques semaines. Ce petit café est situé sur le nouveau trajet découvert aujourd'hui. 
La musique choisie dans ce café est exceptionnellement bonne, choix composé de grands succès du rock américains et canadiens. Le menu est simple, café et sandwich. Une fois branchée sur internet, j'apprends que le Parlement canadien est la cible de tireurs et qu'un autre soldat canadien a été tué près de la fontaine en face du parlement. Je suis bouleversée. Mon pays si paisible est en voie de devenir invivable...
Je prends une marche dans la vieille ville pour faire diminuer mon stress. La ville est envahie par la foule. Le festival international de musique qui commence aujourd'hui a attiré des centaines de personnes. Je les croise un peu partout avec leur cocarde au cou.
J'ai poursuivi mon trajet jusqu'à la cathédrale où j'ai demandé à Saint-Jacques de protéger mon pays. N'est-ce pas lui, Saint-Jacques le Matamore, qui a repoussé les arabes de la péninsule ibérique vers l'an 1100? Le calife arabe était devenu trop exigeant en demandant 100 jeunes filles vierges tous les ans comme tribut aux Espagnols. Ceux-ci se sont révoltés et ils ont gagné la guerre avec cette aide divine!
J'ai terminé ma promenade vers 19 h 30. Il fait très beau depuis quelques jours. C'est plutôt frais le matin, mais la température s'élève vers les 24 C en après-midi et en soirée. Le ciel est clair et la pluie n'est pas prévue avant mon départ. Je m'attend à un choc thermique au retour au Québec. Souhaitons que je n'ai pas d'autre choc culturel!

mercredi 22 octobre 2014

Que retenir de ce voyage?

Que retenir de ce voyage...

Ai-je appris quelque chose? Il faut espérer que oui parce que je n'investirai plus autant de temps dans un voyage en solitaire. 

J'ai appris que:
- j'ai un corps avec des capacités physiques insoupçonnées; il suffit d'y mettre de la volonté;
- je suis dotée d'une grande persévérance; ce qui augmente ma volonté;
- j'ai une grande endurance à la douleur;
- je n'ai pas de gros problèmes psychologiques à régler; je suis équilibrée;
- j'ai une bonne santé mentales et physiques.

De plus, j'ai pu réfléchir sur mon enfance, ma vie adulte, mon rôle de mère et d'épouse, ma vie d'amoureuse, de proche aidante. J'ai aussi pensé à ma vieillesse et à ma mort que j'espère douces. J'ai aussi eu plusieurs moments de réflexion pour ma famille, mes amies et amis, mes collègues de travail ainsi que pour ceux qui ont fait un bout de chemin avec moi.

Quelques phénomènes ont retenus mon attention. En voici une brève description.
- Le fait que la plupart des gens continuent même avec de gros maux aux pieds ou aux genoux ou ailleurs, en opposition à la sagesse de ceux qui décident de ne pas terminer leurs périples pour les mêmes raisons.
- Le cerveau qui, lorsqu'il ressent une douleur physique, oriente ses pensées vers ses propres douleurs psychologiques. Cela contribue à y trouver des solutions.
- L'attachement des pèlerins à leurs proches et le besoin de réflexion sur la suite à donner à leur pèlerinage: divorce, réorientation, projet de mariage, retraite.
- L'amitié et l'entraide qui se développent rapidement entre pèlerins et aussi les autres personnes qui les côtoient.
- Les coïncidences et la synchronisation qui se manifestent quand un besoin ou une question s'impose. Ces phénomènes sont probablement les plus difficiles à expliquer. À ce propos, plusieurs pèlerins se demandent si ce phénomène est exclusif au Camino ou s'il est présent dans nos vies normales, mais difficile à discerner dans le brouhaha de la vie quotidienne. Serait-ce le fait d'une certaine télépathie qui se développerait sur le chemin? Je n'ai pas la réponse. Je l'ai vécu assez souvent pour dire que c'est réel, qu'il s'y passe des concours de circonstances qui demandent une grande organisation espace-temps. C'est quasi magique, presque surnaturel. N'est-ce pas ce qui fait la beauté du chemin?  

J'aurai réalisé également que j'ai besoin de peu du monde matériel que je possède pour vivre. Cependant, il est essentiel d'avoir: vêtements secs, lit propre, abris contre le froid et la pluie, nourriture frugale, boisson désaltérante. 

J'en reviendrai plus riches d'expériences humaines. N'est-ce pas le plus important dans notre vie? 

Au retour, je veux développer ma créativité par l'art, par le jeu avec mes petites-filles. Je veux continuer à prendre soin des miens tout en respectant leurs choix de vie. Je veux vivre une belle vie avec mon amoureux. Je veux prendre soin de moi, continuer à faire de l'activité physique, mon corps en a besoin, et de l'activité intellectuelle.

Finalement, la vie est loin d'être compliquée, si on y réfléchit bien. Avec la paix et l'amour, on a les principaux ingrédients du bonheur. Et ici l'amour est pris au sens large, soit amour filial, soit amical, soit marital, idéalement un juste mélange de tous les types d'amour.



Mardi


J'ai débuté ma journée en visitant le Musee des peregrinos, rua San Miguel. Quelle découverte! Un beau musée qui explique de long en large le culte de Saint-Jacques ainsi que les pèlerinages à travers le monde. J'en aurais pris encore 3 étages!
Ensuite, autobus de la ville jusqu'au Décathlon. C'est loin en banlieue; un bon 40 minutes pour le trajet. Encore un peu de magasinage pour la famille, retour en ville vers 15 h suivi d'une période de repos à ma chambre.
Puis, je suis sortie pour me rendre au café internet pour avoir des nouvelles. L'Internet va extrêmement mal aujourd'hui: aucune rapidité, envoie de messages et réception lents. Je suis désolée de ne pas pouvoir communiquer facilement avec mon monde.
Cependant, cela ne m,a pas empêchée de souper dans un restaurant avec paella au menu. Hum! Auparavant, j'avais visité une exposition de bandes dessinées avec pour sujet Compostelle. Assez fascinant!
Retour au café internet et encore frustration avec le iMessages qui fonctionne au ralenti. Arrivée à l'albergue, je me branche sur le réseau payant de l'institution et le problème de lenteur et d'accessibilité est aussi présent. Souhaitons que mon iPad n'est pas infecté par un virus Ebola de l'informatique! Cela fait quelques jours que je constate quelques problèmes intermittents. J'espère juste finir mon voyage avant d'être réduite au silence virtuel.
Demain, rien de prévu sauf me rebrancher afin d'essayer d'accéder à mes courriels et autres bebelles qui me permettent de m'occuper la cervelle en attendant de parcourir d'autres cieux et de retourner chez moi. Il ne reste plus que 5 jours à mon voyage et les 3 derniers se passent à Barcelone.

Allégorie du chemin par Rémi Pailler: Chronique de Cariboutie

L’histoire se passe au moyen âge.
Il était une fois une reine très belle, la reine de cariboutie qui, disait-on, était dotée de pouvoirs magiques. Elle 
entrepris un jour un pèlerinage dans un voyage semé d’embuches pour aller visiter les reliques d’un saint nommé Jack (dit le matamore). Issue de la célèbre famille Daniels, il était mort sur les côtes de Galicie d’un accident de planche à voile.
Pour l’accompagner dans son périple, elle était accompagnée d’une partie de sa cour.
Tout d’abord sa fille, la princesse cariboulette. La princesse était toute fraiche dans la blondeur de ses vingt ans et ce voyage était aussi pour la reine un moyen de la protéger. En effet, la princesse avait pris l’habitude depuis quelques temps d’aller trainer dans les tavernes obscures pour aller éprouver ses peurs de jeune fille, là où des soudards en voulaient à sa virginité. Elle était promise à un beaucoup plus beau destin puisqu’elle devait épouser un prince de noble lignée. Mais pour l’heure, celui-ci était parti guerroyer et festoyer avec ses amis chevaliers dans le continent eurasien. Elle était très inquiète des rencontres que le prince pourrait faire dans des pays où des créatures ensorceleuses savaient séduire les jouvenceaux fortunés pour leur piquer de la tune ! Mais elle savait au fond d’elle-même que son amour naissant avait besoin de s’éprouver et de se fortifier avant de s’épanouir.
Afin de veiller sur sa fille, la reine avait emmené sa fidèle gouvernante, Mamie. Celle-ci était censée lui inculquer les bonnes manières et la maitrise de soi qui sied aux gens de noble sang. Las, la gouvernante était amoureuse comme une donzelle qui découvre le loup et son esprit était ailleurs. Elle passait ses journées à soupirer, à s’enivrer des émois que son cœur, dégoulinant de suavité, exprimait. Elle aimait un fier torero qui construisait pour elle une solide maison de bois afin d’abriter leur amour. Elle était impatiente de le rejoindre, mais l’ouvrage, débuté dix ans plus tôt, progressait peu, les délais étant, c’est bien connu, très longs dans le secteur du bâtiment. Du moins, c’est le langage qu’il lui tenait !
Afin d’assurer un voyage paisible et d’éviter tout danger à ces femmes pubères, la reine était accompagnée de son intendant. Le personnage, dénommé Geek, était fantasque. Il était d’une efficacité sans faille pour organiser le gite et le couvert, mais sa compagnie était parfois pénible. En effet, il avait la désagréable faculté de parler (souvent pour ne rien dire), du lever du soleil au crépuscule sans qu’il eut été besoin de l’y inviter. Même la reine qui était très autoritaire ne savait comment le faire taire. Peu lui importait qu’on l’écouta. Ce qui l’animait de tant de volubilité, c’était de combler un vide. Il était un peu sorcier, mais surtout ensorcelé. Sa grande sagesse n’avait pas résisté à la divinité à face de bouc à laquelle il déclarait moult psaumes et déposait des images pieuses à longueur de journée.
Le cinquième personnage de notre histoire était Hubert, le fidèle serviteur de la reine. Il était le fils du savetier Walter, artisan réputé, qui était tombé en disgrâce auprès de la cour de cariboutie car, lui qui était censé se consacrer aux pieds des femmes de la famille royale, s’intéressait d’un peu trop prés à ce qui se passait au dessus. Hubert était pauvre et d’apparence chétive. Il n’avait rien de flamboyant, mais il était d’une fidélité sans faille à sa reine, qui en profitait bien.
Par une journée étrange, la reine et sa cour s’étaient égarés dans la montagne. Le soir tombait et, perdus dans la brume, entourés de loups et de bêtes féroces, il ne durent leur salut qu’aux pouvoirs magiques de la reine. Celle-ci avait une facilité à invoquer les esprits. Elle convoquait fréquemment le plus puissant d’entre eux, Wifi et celui-ci lui répondait immédiatement. Ce fut le cas, il les conduisit vers une modeste masure habitée par une paysanne analphabète. Elle leur fut d’un grand secours. Elle leur offrit un repas frugal composé d’animaux étranges, mi serpents, mi poissons, que la princesse cariboulette avala avec dégout mais nécessité.
Ils dormirent dans la grange. La reine avait bien sûr le plus beau lit. Hubert était couché à ses pieds sur une paillasse infâme infestée de puces. Pourtant, cette nuit là, il fut le plus heureux des hommes. Perclus de douleurs, mais couché aux pieds de sa reine, il n’aurait donné sa place pour rien au monde. En vérité, je vous le dis, il nourrissait un fol amour pour sa reine, mais se gardait bien de le lui avouer. Il avait bien trop peur du sort réservé aux hommes de sa condition d’oser seulement lever les yeux sur une créature de sang royal.

Le lendemain, en invoquant Wifi, la reine entendit l’appel de son roi de mari, un homme puissant de grande lignée qui parcourait le monde afin de trouver des richesses pour le compte du royaume de cariboutie. Il était pour l’heure dans une cité où l’on vénérait depuis des millénaires la mémoire d’un homme (mi dieu, mi humain), qui avait été cloué sur une croix pour avoir prétendu que ceux qui le suivraient seraient sauvés! Ce qui, convenons-en, méritait un tel châtiment. Le roi demandait à la reine de caroubouti de le rejoindre sans délais dans cette ville étrange peuplée de macaronis !
Ce signal annonça la fin du voyage. Dès ce moment, la reine n’eu de cesse que d’aller poser son royal séant sur la tête de son homme. Elle fit virer Wifi au cramoisi pour que ses vœux soient exaucés, laissant plantés là ses gens de cour désœuvrés, chacun se retrouvant livré à lui-même.
La princesse cariboulette, d’abord désarçonnée, goutta goulûment cette nouvelle liberté, comme Eve croqua la pomme. Elle partit sur son chemin, gambadant de plus en plus vite, s’enivrant de rencontres et d’émois nouveaux. Elle y perdit son innocence mais y connu l’extase.
L’intendant Geek continua son chemin à lui, sans se rendre compte de rien, discourant comme à son habitude avec tout ce qui portait jupon, corole ou parfum. Il semblerait qu’il discourra toujours, mais avec les poissons cette fois, car étant parvenu au bout de la terre de Galice il s’enfonçât dans la mer. C’était la fin pour ce pauvre hère, ce qui a d’ailleurs donné au lieu son nom (il est finit cet hère).
La gouvernante aussi ne se rendit compte de rien. La légende dit qu’elle est toujours posée au bord d’une rivière de montagne, se mirant dans l’eau en tressant sa chevelure blonde, dans l’attente d’un message de son matamore. Las, ce dernier utilisait un couple de pigeons voyageurs Androïde et goût gueule pour converser avec elle. Les pauvres bêtes étaient épuisées des voyages incessants qui portaient toujours les mêmes messages (ma mie, je me languis de toi, mon cœur est retourné comme une crêpe au sirop dérable, ma vie est sans saveur, les gosses me pèsent 1). Un jour, par mégarde, un chasseur galicien tua les pauvres bêtes et la gouvernante attend toujours le message!
Hubert, le serviteur, ne se remit jamais du départ de la reine. Il sombra dans la folie, se sentant trahi. Il changea de vie et rejoignit, à lautre bout du monde, un homme étrange, barbu et mal soigné, dont il avait vu le portrait chez la vieille paysanne. Il parcourait des terres inconnues, un cigare dans la bouche, en luttant contre la bourgeoisie qui lavait tant fait souffrir, au cri de : « Viva la révolution » (prononcer révolutionne). Il pensait avoir gagné sa liberté, mais en réalité, il navait fait que changer de maître. Quand on nait en servitude, on le reste toute sa vie.
(1) Enfrançaisdansletexte
Oyez, oyez. Ainsi va la fabuleuse histoire de cariboutie, où se mêlent la passion, lamour, la magie, la jalousie. Bref, cest une histoire humaine._ L'auteur, Rémi Pailler.

Note de Lise: Pour les intimes, chacun de ces personnages, vous l'aurez deviné, représente un des 5 copains qui marchaient ensemble sur le Camino Frances.
Dans l'ordre d'apparition dans le texte de Rémi:        
la reine: Chantal; la princesse: Maria; la gouvernante: Lise; l'intendant: Olivier; le serviteur: Rémi.




lundi 20 octobre 2014

Santiago, acte 2

De retour à Santiago, acte 2

Samedi dernier, j'ai quitté mon hôtel sous un ciel ensoleillé. Parfait pour une marche de 4.5 Km jusqu'à la station d'autobus.
Je constate que le comptoir de tickets est fermé le samedi. Je m'informe du numéro du quai; ce sera vers le 16. L'autobus est prévu pour 12h.
Vers 11h15, une autobus se stationne au quai 14 et l'affichage indique Santiago. Je m'approche et je comprends que le chauffeur ne vend pas de billets. Il m'envoie au comptoir que je sais fermé. Je me pose quelques questions. J'essaie de savoir ce qui se passe en cherchant d'autres passagers qui vont à Santiago. Chacun y va de ses idées: un monsieur me conseille de prendre le train... 
Finalement, un autre chauffeur monte dans l'autobus et il a son nécessaire de vente de billets avec lui. Six euros plus tard, je suis bien installée dans la carlingue d'acier pour admirer le paysage.
J'avais remarqué une autre voyageuse avec un attirail de caminette. Elle se rend à Santiago aussi. Elle me parait sympathique. À l'arrivée à Santiago, je m'approche d'elle et lui demande si elle a fait le Camino. Oui, mais elle s'est blessée; une foulure ou une entorse. Elle a du abandonner le camino primitivo ne pouvant plus marcher sans douleur. Elle m'est encore jamais venue à Santiago.
Je lui offre de me suivre jusqu'à l'albergue Seminario Menor qui me semble la meilleure solution d'hébergement à Santiago, valeur qualité-prix.  
Elle part déjà dimanche pour l'Autriche. Elle a peu de temps pour visiter Santiago. Je lui offre aussi de l'amener jusqu'à la Cathédrale. Nous nous donnons quelques minutes pour nous installer dans nos chambres. Il est 14h30; nous avons peu de temps compte tenu que nous devons manger.
Je lui propose de dîner chez Manolo. L'attente a été très longue, mais le repas est copieux et abordable. Nous buvons une bouteille de vin rouge. Najda dit que ça endort sa douleur à la jambe. Après dîner, nous rencontrons un Anglais d'origine polonaise avec qui elle a marché sur le Camino primitivo. Je lui parle de la Compostella de Saint-François-D'Assise et je les y conduit. C'est vraiment un gars bizarre parce qu'il n'a aucun désir de recevoir l'autre Compostella. On aurait dit qu'il allait chercher celle-là pour me faire plaisir.
Nous assistons à la messe Najda et moi. Pas de botafumerio à l'horizon, mais une messe en galicien.
Par la suite, nous rencontrons à nouveau notre anglais et nous nous rendons au bar où j'ai l'habitude de me connecter sur le WF. Et là, nous avons pas bu une, mais 3 bouteilles de vin rouge. Ce ne fut pas très difficile de m'endormir, cependant j'ai voyagé à la toilette de nombreuses fois.
Nous n'avions pas vraiment pris de rendez-vous pour ce matin. Heureuse surprise, l'anglais fume à l'extérieur de l'albergue quand je sors pour aller en ville. J'avais un rendez-vous avec Charlotte à 10 h devant la cathédrale. Quelques minutes plus tard, Najda arrive. Donc, nous sommes parties ensemble pour déjeuner. Encore au même bar que la veille, mes nouveaux amis y font la rencontre d'un copain qui habite à Barcelone. J'en profite pour lui demander quelques conseils pour visiter cette ville.
Par la suite, je les amène faire le tour de la cathédrale; nous rencontrons 2 autres compagnons de notre anglais. Après une petite jasette, nous continuons notre  tournée. Je les amène Rua de Villar et Rua Franco, les deux plus vieilles rues de Santiago. Je me sens un peu guide touristique, mais enfin...

Viens l'heure du départ pour mes 2 copains, ils prennent l'avion dans l'après-midi et il est l'heure pour eux de prendre leurs bagages et de rejoindre la gare d'autobus pour se rendre à l'aéroport.
Je suis gagnée par la tristesse. J'ai envie de pleurer. Je me sens encore plus seule parce que Charlotte n'était pas au rendez-vous. Je m'en doutais un peu avec le mauvais temps des derniers jours, elle est probablement retournée en France plus tôt. J'ai assisté à la messe des pèlerins et le botafumerio était de la partie. Quand je suis sortie de l'église, il faisait si beau. Je suis retournée sur la rua Franco et je me suis payé une petite folie: 6 huitres sur glace avec un verre de vin blanc. Un accord parfait choisi par le maitre d'hôtel.

Petite séance de magasinage, je cherche des cadeaux pour toute la famille. Comme ça, cela va m'éviter cette corvée avant les fêtes. Ils auront des souvenirs de voyage cette année sous le sapin.
Ensuite, retour au café internet pour communiquer avec une personne cher à mon coeur et retour à l'albergue vers 17h. J'ai acheté de quoi souper dans une boulangerie en passant. J'ai mangé mon lunch en bas à la cuisine dans l'espoir de rencontrer quelqu'un. Mais non, pas cette fois. Je suis retournée à ma chambre mettre à jour mon blogue. Après quelques lignes, j'ai décidé d'aller à l'extérieur pour profiter du retour du beau temps. En arrivant dehors, j'entends deux femmes qui parlent français: c'est de la musique à mes oreilles. Une des deux est québécoise, cela s'entend comme le disent les Français.
Je les laisse finir le sujet de leur conversation et je leur dit quelques mots. La Québécoise a terminé hier son camino Frances par le Finisterra et part pour Barcelone demain en train (12 heures) et la Française part demain pour Finisterra.
Nous avons pris rendez-vous à Barcelone la Québécoise et moi. Nous reviendrons à Montréal par le même vol. J'ai demandé à la Française si je pouvais l'accompagner pour le premier kilomètre comme Marieke l'avait fait pour moi et elle a accepté. Nous déjeunerons ensemble à l'albergue demain matin à 8h30.
Je suis assez contente de ces deux rencontres. Demain, j'aurai de quoi m'occuper et surtout une personne à qui parler ma langue. De plus, je trouve sympa d'avoir une copine avec moi à Barcelone.

Lundi
J'ai accompagné ce matin Dolores sur le premier Km vers Finisterra. Elle était bien contente que je l'accompagne. Elle aussi se sentait seule, comme moi la semaine dernière, sur ce dernier chemin d'autant plus qu'elle l'a fait la dernière fois avec son frère et sa soeur. Elle ne sera pas seule longtemps puisque nous avons rencontré une Italienne, Déborah, qui veut faire ce chemin en 4 jours. C'est possible, mais avec des étapes de 30 Km. Le beau temps est présent; ce qui devrait faciliter la marche de mes deux copines.
Ensuite, je suis revenue sur mes pas, saluant au passage les quelques pèlerins courageux qui se dirigeaient vers Finisterra et Muxia.
J'ai occupé mon avant-midi à magasiner mes derniers cadeaux. Je suis assez contente du résultat; je pourrai me passer de presque tout le magasinage des Fêtes. J'ai aussi visité le Musée de l'art sacré où j'ai vu la statut d'un étrange pélican. Je vais faire une recherche sur Internet à ce sujet. Il me faisait penser au phénix de la légende. J'ai essayé d'aller au  second édifice du Musée des pelegrinos, mais ce sera ouvert que demain selon la dame de la sécurité.
Ce midi, j'ai mangé chez Manolo et j'ai bu une bouteille de vin au complet. Je suis retournée à l'albergue légèrement ''gorlot''; ce qui m'a valu de passer le reste de l'après-midi au lit à cuver mon vin. Heureusement, ce n'est pas coutume. 
Pour la soirée. j'ai prévu visite au café internet, envoi de messages et téléphone à maman. Demain, visite de ce musée des pèlerins et je ne sais pas encore quoi d'autres.

jeudi 16 octobre 2014

A Coruna

L'autobus m'a conduite à A Coruna. Le trajet prend environ 1 heure 15. Entre Santiago et A Coruna, il y a une chaine de montagnes. J'ai marché 5 Km entre la station de bus et cet hôtel. Ma chambre est petite, mais tout y est. Une fois mon sac déposé, je suis partie faire un tour.
J'ai longé la marina et je suis arrivée su Musée d'archéologie et d'histoire. Je l'ai visité de suite; il est situé dans le château San Antonio, sur une petite île rocheuse à l'entrée du port.
Le lendemain, il pleuvait à boire debout. J'ai donc décidé de faire la journée de magasinage que j'avais prévue faire avant de partir pour le Canada sans plus attendre aux grands magasins El Corte Ingles.
Je me suis également informée de l'heure de l'autobus pour Santiago le samedi. J'ai décidé de partir samedi au lieu de dimanche à cause de toute cette pluie. La dame à la réception de l'hôtel m'a remboursé une nuit.
Ce matin, j'entendais la pluie sur les vitres de ma chambre. J'ai décidé d'aller quand même du côté des plages et de la Tour d'Hercule. J'ai visité en passant le Musée des Beaux-arts. En sortant, il pleuvait encore. Je me suis rendue sur la promenade qui longe la plage et j'ai vu des immenses vagues se briser sur le sable. J'ai continué jusqu'à l'Aquarium du Finisterre. J'ai vu une reproduction du Nautilus de Jules Verne. J'ai bien aimé.
Finalement, à la sortie de l'Aquarium, il faisait encore très mauvais mais, j'ai décidé d'aller pareil à la Tour d'Hercule, le plus vieux phare encore en service au monde. Il date du 2 e siècle. Il fait très mauvais sur cette pointe de terre battue par les vents. J'ai visité le centre d'interpétation, le sous-sol de la tour et les étages en montant par l'immense escalier de pierre. Ensuite, je suis rentrée à ma chambre, trempée jusqu'aux os. Une bonne douche, une orange et me voici en train de décrire mon séjour à A Coruna, qui veut dire le crâne.

mardi 14 octobre 2014

Padron

Padron avec Charlotte
Parties vers 8h30 ce matin,, nous avons marché jusqu'à la gare ferroviaire. Nous avions prévu de déjeuner à la gare afin d'être sur place le plus tôt possible afin de ne rien manquer.
Au déjeuner, nous avons rencontré une Anglaise qui s'en allait a A Coruna pour prendre son avion pour Londres. Le train est arrivé avec quelques minutes de retard (10h); il nous a laissé à Padron 15 minutes plus tard.
À Padron, nous voulions voir le lieu de la découverte du tombeau de Saint-Jacques, la montagne où il prêchait, la pierre où il a posé le pied et où ses disciples ont attaché leur bateau quand ils ont ramené son corps de Jérusalem après sa mort martyre. Donc, on avait tout un programme. Sauf que l'Office du tourisme était fermé. Il a fallu se rabattre sur la bibliothèque où on nous a remis un plan de la ville. 
Avec ce plan en main, nous nous sommes rendu assez facilement à la montagne où il prêchait, nous avons vu aussi l'église construite sur le lieu de son tombeau avant qu'il soit transporté à Santiago. Nous avons aussi vu la maison de l'ermite qui l'a découvert.
Fières de cela, nous avons été mangé en attendant que l'église où la vraie pierre repose n'ouvre à 17h.
Heureusement, un homme nous avait indiqué une copie de cette pierre posée sur la rive de la rivière où devait se trouver la vraie à l'époque de Saint-Jacques. C'est sûrement mieux de la voir dans son milieu naturel que sous la sainte table d'une église. 
par compte, nous désirions quant même la voir cette église. Nous sommes allés visiter le jardin botanique en attendant, mais une grosse averse s'est mise à tomber, tellement que nous avons décidé de ne pas attendre l'ouverture de la porte de l'église et de partir par le train de 17h au lieu de celui de 20h. 
Arrivées à la gare, un couple d'Anglais était assis sur un banc. nous commençons à parler avec eux. Ils avaient fait eux-aussi un chemin de saint-Jacques: le Norte comme Charlotte. Nous leur demandons s'ils prennent le train, ils nous dirent que non ils prennent l'autobus dans 30 minutes. Charlotte et moi sommes gelées et trempées; la gare est fermée il faut attendre dehors. Nous décidons de suivre les 2 anglais jusqu'à l'autobus. Arrivée à la gare, je me rends compte que j'ai oublié mon manteau au restaurant. Je dis adieu à Charlotte; je prendrai le train. J'avais à peine 10 minutes pour faire ce trajet et revenir. Quelle ne fut pas ma surprise d'avoir le temps de retourner en ville et de revenir avec mon manteau à la gare avant même que l'autobus n'arrive. Et bien, c'est tout à fait ce qu'on vit tous les jours sur le chemin de Saint-Jacques.
La gare d'autobus est vraiment très loin de notre albergue. Nous demandons comment nous rendre à la cathédrale: il faut prendre le bus 5. Oh! surprise encore, le bus est juste devant nous. Je demande à une dame de nous indiquer l'arrêt pour la cathédrale. Elle acquiesce, cependant on ne sait pas pourquoi: travaux routiers? Le bus se met a tourner sur lui-même dans des petites rues et la dame semble aussi perdues que nous. Un monsieur qui comprend un peu le français, nous dit qu'il va à la cathédrale et qu'on n'a qu'à la suivre. Un peu plus loin, il nous montre sa carte de policier. 
Quelle aventure! Nous avons bien mérité notre souper chez Manolo.

dimanche 12 octobre 2014

Un week-end à Santiago

Samedi, le 11 octobre 2014


Ce matin, je suis allée dans une agence de voyage pour devancer mon vol pour Barcelone. Il n'y a pas de possibilité à moins de payer le double de ce que mon billet m'avait payé initialement. Donc, j'ai abandonné ce projet pour le moment.
Ensuite, j'ai passé par l'Office du tourisme de Santiago afin d'avoir les informations qui concernent mon voyage en train à Padron. J'ai rencontré une personne beaucoup plus sympathique qu'hier à l'office de la Galice. Elle m'a orienté vers La Coruna pour passer quelques jours la semaine prochaine. C'est une ville très intéressante avec une plage au centre-ville, un phare construit en l'an 200 et un vieux château à visiter. Je devrais m'y rendre mercredi prochain parce qu'il y de la pluie qui s'annonce pour ce jour-là.
Finalement, cette personne m'a informé qu'il y a un musée spécifique sur l'histoire de la Galice à quelques pas de mon albergue. Je me proposais d'y aller dimanche, mais le botafumerio sortira deux fois demain : une fois à la messe de 10 h pour la Fête de l'Espagne et une fois à la messe de 12 h à la messe des pelegrinos. Je ne manquerai pas ces deux sorties. J'irai à ce musee en revenant de La Coruna.
Je suis allée au musée de la cathédrale pour réserver ma visite guidée des toits de la cathédrale. J'avais rendez-vous à 18 h avec le groupe. C'est d'ailleurs lors de cette visite que j'ai connu l'horaire du botafumerio pour demain. 
En attendant, j'ai trouvé le fameux restaurant Chez Manolo. J'y ai dîner; piments de Padron, saumon grillé et flan. C'était très bon, sauf son Internet qui ne cesse de couper.
J'ai même fait un saut à l'albergue pour me reposer un peu avant la visite des toits. D'ailleurs, cela m'a tellement reposée que j'ai explore les 2 salle d'exposition du Musée d'art contemporain avant la visite des toitures qui m'a permis de marcher sur les toits originaux de la cathédrale. Certains datent de l'an 900 et sont comme neufs à part quelques mousses et lichens. C'est la découverte de vues plongeantes sur la ville accompagnées de champs religieux qui émanent de la nef sous nos pieds.
Cela m'a ouvert l'appétit. Tapas et cagna (bière pression) dans un bar avec liaison Internet stable m'ont comblé.
Demain, je devrai arriver tôt à la cathédrale. La Fête de l'Espagne explique le nombre impressionnant d'espagnols dans la vieille ville ce week-end et ils voudront tous assister à la messe.

Dimanche, le 12 octobre 2014

J'ai dormi jusqu'à 9h15 ce matin. J'ai fait vite parce que le messe est à 10h et l'albergue ferme les étages à 9h30. 
Je suis arrivée à la cathédrale à temps. J'ai pu m'assoir dans le 2e banc en avant du côté de la porte sud. J'étais assise entre une bonne soeur et un vieux monsieur qui semblait être un habitant de Santiago.
C'était une messe solennelle dite par un évêque.  Il est arrivé en procession avec d'autres prêtres et de nombreux jeunes diacres. Ils étaient accompagnés de dames d'une association espagnole qui portaient chacune un bouquet pour la Sainte-Vierge. Un des diacres a chanté durant la cérémonie. Bien-sûr, le botafumerio fut de la partie. Pour une fois, je me disais que ceux qui assistaient à cette messe semblait moins païens que les précédentes. Erreur, quand nous nous sommes levés pour la communion un vieux polisson espagnol est venu s'assoir dans notre banc alors qu'un autre polisson répondait au téléphone tout fort durant l'adoration qui suit la communion. J'ai senti monter en moi une colère probablement semblable à celle de Jésus devant les vendeurs du temple parce que cette messe avait été si belle jusque là. Plusieurs personnes revenaient de la communion les larmes aux yeux et moi-aussi j'avais les émotions à fleurs de peau. J'étais en admiration devant ceux qui continuaient à prier malgré le cirque de ces personnes non respectueuses du recueillement des personnes en prière. Le botafumerio s'est envolé pour la dernière fois pour moi. 
Comme il était seulement 11h, je suis allée au Musée de la Galice. J'y ai passé un bon deux heures à fouiner dans la culture de ces gens qui vivent de l'agriculture et de la pêche. Ensuite, un petit arrêt pour un café et un croissant pour revenir à l'albergue à 14h où je ferai la sieste après avoir lavé certains vêtements. Bon choix, il a plu cet après-midi. 
Auparavant, j'ai rencontré dans le hall une Française, Charlotte. Nous avons parlé un peu et je lui ai dit que je m'ennuyais de communiquer en français. Je pense qu'elle aussi. Elle est pire que moi parce qu'elle ne parle pas du tout l'anglais. Donc, nous avons sympathisé; je pense que nous avions besoin de cette rencontre toutes les deux. Demain, elle m'accompagnera à Padron. Ce sera plus agréable de voyager à deux, du moins je l'espère. On s'est donné rendez-vous à 8h30 demain matin dans le hall. Le train est à 9h50; on aura le temps d'arrêter déjeuner en chemin.
Pour le reste de la journée d'aujourd'hui, j'ai prévu un arrêt au café internet d'hier et un bon souper chez Manolo, Place Cervantes. Ensuite, dodo.

samedi 11 octobre 2014

Retour à Santiago

Ce fut un long voyage entre Muxia et Santiago. Je suis partie de Muxia le matin à 10h30 dans un petit autobus d'un vingtaine de places. Le trajet vers Cée compte moins de 2Euros. J'ai revu plusieurs parties du chemin fait à pied parce qu'il longeait la route sur une grande distance.
À Cée, je devais selon l'horaire que m'avait remis l'office du tourisme de Muxia attendre une bonne heure avant de repartir vers Fisterra. Heureusement, je ne me suis pas trop éloignée parce que un autobus d'une autre compagnie s'est présenté 15 minutes plus tard. Je suis arrivée à Fisterra vers 12h. L'office du tourisme et l'aubergue qui avait séquestrés mes bâtons de marche n'ouvrait qu'à 13h. J'avais de temps pour du magasinage puisque certain de mes vêtements ont terminé leur vie utile et je vous laisse deviner lesquelles. 
J'ai dîné en face de l'aubergue et j'ai eu un repas délicieux: escalope de dinde, sauté de légumes, salade russe, patates frites, arrosés d'un jus d'orange frais en apéro et d'eau minérale pétillante en accompagnement. J'ai été incapable de tout manger.
À 13 h, voilà Mme Begonias X. qui arrive. Elle referme la porte derrière elle, mais de la ferme pas à clé. Je rentre. Elle me dit que c'est fermé parce qu'elle n'est pas prête. (Mme Begonias X. parle anglais.) Je lui dit que ça n'a pas d'importance parce que je viens récupérer mes bâtons de marche qui étaient enfermés dans l'armoire. Elle m,explique que je n'aurai pas du les mettre là. Je lui expose mon point de vue: elle devrait afficher qu'on ne doit rien laisser dans cette armoire. (Il faut dire qu'il y a là un énorme contenant dans lequel sont déposés au mois 25 paires de bâtons de marche.) Toujours est-Il que Mme Begonias a sauté les plomb quand je lui ai demandé pourquoi elle n'avait pas répondu à mon courriel pour l'informer que je reviendrais les chercher d'ici une semaine. Je ne sais pas qu'elle est son but; elle est peut-être vendeuse au noir de bâtons de marche...L'attitude de Mme Begonias est incompréhensible parce non respectueuse de la clientèle avec qui elle travaille tous les jours.
Enfin, je retourne attendre un autre bus pour Santiago cette fois. Avec mon horaire de l'office du tourisme en main, le prochain bus est dans 45 minutes, sauf que quand il arrive il n'est pas direct. le direct est dans une autre heure. L'avoir su j'aurais marché jusqu'au phare en attendant. Je décide de prendre le trajet non direct, je vais voir une autre partie de la Galice, je suis là pour visiter après tout.
Le chauffeur m'explique en espagnol qu'il y aura un transfert et que j'arriverai à Santiago à 16h30. Mon espagnol pour les sourds s'avère assez fiable. Finalement, me voici dans la ville de Baio sur le bord de la rue avec mes bagages qui attends un bus, qui passera selon un simple papier collé sur un poteau de téléphone et selon le chauffeur de la bus que n'y a laissé, dans 20 minutes. J'ai envie de pipi, pas de toilette. Je commence à m'inquiéter: que faire si la correspondance ne se fait pas avec mon espagnol des signes. Heureusement que j'ai travaillé la confiance dans ce voyage! Après seulement 10 minutes, une bus arrive. C'est la bonne, elle est en avance sur son horaire. J'explique au chauffeur ou je vais à Santiago à l'ai de la carte de la ville. Il me dit qu'il me laissera à 60 mètres de mon albergue. (Disons les chiffres en espagnol des signes sont approximatifs, 600 seraient plus juste.) Finalement, je me suis rendue à mon albergue, Seminario Menor. Pour 15 Euros par jour, une chambre seule avec service commun dans une bâtisse exceptionnelle et propre à quelques pas de la vieille ville et de la cathédrale.
Il faut dire que je me suis tapé ce long voyage pour être à la cathédrale à 19h30 pour voir le botafumerio. Quel spectacle!  Un encensoir géant de 54 kg qui vole comme un oiseau qui touche presque le plafond de la cathédrale. Le feu qui jaillit de cette bombe fumante qui embaume l'atmosphère avec ses fumées parfumées. Une merveille! Pas moins de huit hommes habillés de pourpre pour le manipuler et le faire s'envoler. J'y retourne avant de partir de Santiago. Je veux le revoir.








jeudi 9 octobre 2014

Muxia

Lires-Muxia

Ce matin, mon hôte m'a servi un bon petit dejeuner: café au lait, toasts, gâteau de la Galice (essentiellement un quatre-quart semblable au gâteau breton), marmelade maison de kiwi du jardin et compote mixe de pomme et de fruits, servis dans la jolie salle à manger de la maison Lourido.
Après ce départ en géant, j'ai dû prendre mon pack et mon courage à deux mains pour commencer cette dernière partie du chemin sous l'averse.
Heureusement, l'averse est dispersée et le temps plutôt doux. Cependant, je constate que j'ai attrapé un petit rhume. Donc, 15 Km à faire dans les bois avec peu de villages ou de fermes sur la route. J'avoue que j'avais assez hâte d'arriver parce que je n'avais que des avelines à manger et que j'ai rencontré trés peu de pèlerins. Ceux que j'ai rencontrés arboraient un si large sourire que je me disais que je serais vraiment heureuse si Muxia avait cet effet sur moi.
Mais, il fallait traverser des immenses forêts de pin au risque d'une commotion célébrale tant les cones ( cocottes) sont gros, s'il fallait qu'il m'en tombe un sur la tête; monter et redescendre des collines et aussi me poser des questions sur la route à prendre parce que le tracé du sentier a été modifié à quelques endroits. À ces endroits de larges X sur la chaussée, mais également des stelles au loin qui n'ont pas été enlevées en plus des nouvelles flèches. De quoi avoir un mal de tête.
Mais, je ne me doutais pas du spectacle extraordimaire qui m'attendait au bout du chemin. L'océan, oui, une mer immense avec des vagues gigantesques. Du bleu, du turquoise et du blanc, un ciel clair vers Muxia et sombre vers Finisterra. Un spectacle tel que je ne finissais plus de prendre des photos en plus de louanger la nature pour s'être surpassé de façon si magnifique. Je vous dis sincèrement cette vision quasi célestre m'a exaltée. Je n'aurais pas été surprise de voir comme Saint-Jacques la Vierge Marie sur son bateau de pierre venir m'annoncer que j'irais au paradis.Muxia a comblé mon rêve de Compostelle. Muxia a tenu plus que ses promesses; je ne m'attendais pas à un paysage si magique.
Deux gentils monsieurs m'ont aidé à trouvé l'Office du tourisme où on délivre la Muxiana qui est l'équivalent de la Compostelle. J'ai réservé ma chambre; encore une belle chambre juste pour moi pour 25 Euros, déjeuner compris.
Puisque le bureau de l'office n'ouvre qu'à 17h, j'avais amplement le temps de me rendre à l'église de la Virgen de la Barca. C'est absolument spectaculaire comme endroit. Située au bout de la presqu'ile, avec comme compagnon un phare, cette église est construite à quelques mètres de l'océan. De drôles de pierres l'entourent avec des formes assez inusités. On raconte que ce serait les vestiges du bâteau de pierre de la Vierge. Ces pierres sont sensées quérir les rhumatismes, mais sont inefficaces contre le rhume...(sic) L'endroit est si magnifique que je me suis sentie vraiment privilégiée d'y être. J'espère avoir pris au moins une photo qui rendra grâce à ce lieu exceptionnel.
Donc, j'ai obtenu mon diplôme de pèlerine cet après-midi. C'est la fin d'une belle aventure constellée de découvertes et de rencontres inoubliables.
Demain, je rentre à Santiago; si vous le permettez,  je continuerai encore ce blogue afin de ne rien oublier de ce magnifique voyage que je me suis offert!

mercredi 8 octobre 2014

Cap Finisterra

Enfin, j'ai réussi mon objectif de rejoindre les deux Finistères, celui de la Bretagne et celui de la Galice en Espagne!
Ce fut une petite marche aujourd'hui de 23 km incluant la marche vers le phare. Le soleil était timide, mais la pluie s'est fait discrète.
J'ai rencontré les 4 pèlerins tricheurs (ils prennent des taxis) au premier point de vue sur la baie de Finistère. J'ai même pris une photo de groupe pour eux. Ils n'ont aidé en prenant une de moi avec mon appareil. 
Juste après, deux espagnoles n'ont sauvé une montée et une descente en m'indiquant que cette partie du chemin rejoingnait la route à quelques mètres de là. 
Je n'avais pas déjeuner avant de partir, mais le restaurant où je me suis arrêtée valait le détour: terrasse au bord de la mer...
Juste avant d'arrivée au village de Finisterre, j'ai rencontré un drôle de bonhomme qui vendait des cartes postales. Il m'a conseillé de prendre un chambre à l'albergue municipale; ce que j'ai fait. C'est dans la même bâtisse où il délivre la Finisterra. Après avoir réservé mon lit et bien rangé mon certificat, je suis redescendue au niveau du bureau. Qui était là? Louise et Denis. Nous étions très heureux de nous retrouver. Nous sommes allés ensemble jusqu'au phare. Ce fut beaucoup plus agréable que toute seule. Après avoir fait le tour du phare, nous avons pris une bonne bière au bout du monde. Louise ne voulait plus marcher jusqu'à Muxia, mais je pense l'avoir motivée. La météo sera pas pire jusqu'à midi: pas de pluie et belle le lendemain. Donc, il suffira de partir tôt demain. Je ne pense avoir de problème dans mon albergue surpeuplée à me réveiller de bonne heure. Dire qu'hier, j'étais seule dans un dortoir de 50.
La réalisation de cet objectif sera importante pour l'avenir. Si je voulais augmenter ma confiance en moi, je crois qu'elle sera dorénavant inébranlable.
J'ai fait un drôle de rêve hier. On me poussait dans l'eau et je voulais tenir mes lunettes pour ne pas les perdre. Cependant, mes mains et mes bras ne pouvaient pas bouger, fixés le long de mon corps. Je n'ai pas paniqué, j'ai donné quelques coups de jambes pour remonter à la surface à la verticale. C'est là que je me suis réveillée.

Départ pour Lires et Muxia

La nuit passée à l'albergue a été difficile. On dirait que j'ai fait une petite crise d'allergie. Ce pourrait être les couvertures de laine ou les fruits de mer. Pour la laine, ça été vérifié lors d'un test; pour les fruits de mer, ce serait nouveau. J'ai mangé avant hier, une pizza aux fruits de mer et, hier soir, une soupe aux poissons et une paella aux fruits de mer. Toujours est-il que j'ai à peine dormi.
J'ai déjeuner ce matin au restaurant en face de l'albergue et je suis partie vers 8h pour Lires où je ferai étape avant de me rendre demain à Muxia.
Le chemin se prolonge dans la banlieu de Finisterra avant de plonger dans la forêt. Il vente et il pleut ce matin. Je tiens mon poncho à deux mains pour qu'il ne lève pas dans les airs. Il faut dire que je n'ai plus mes bâtons de marche: je les avaient rangés dans une armoire avec les autres et ce matin, la porte était fermée à clé. Puisque l'albergue n'ouvre qu'à 13 h, je ne pouvais pas me permettre d"attendre jusque là. Cependant, avec cette pluie et ce vent dignes de l'enfer, j'aurais été embarrassée avec des bâtons. Il valait mieux tenir mon poncho sur mon sac à dos.
Donc, je suis arrivée vers 13h à Lires. J'ai choisi d'essayer une Casa rurale. Choix heureux, j'ai une chambre seule avec un lit double et une salle de bain fantastique: il y a un bain! De plus, la dame lavera mon linge. Le luxe pour cette fois!
En venant, j'ai vu la mer. Elle est vraiment démontée: des vagues immenses balayaient la plage et la falaise. Une pancarte annonçait une plage dangereuse. Cela me paraissait assez évident.
Demain, il fera beau pour visiter Muxia.




















lundi 6 octobre 2014

Olveiroa-Cée (suite Finisterra)

Ce matin, j'ai tout fait de travers. Premièrement, je me suis levée trop tôt. Sylvie m'ayant réveillée vers 6h30. Elle devait partir le plus vite possible parce qu'elle veut se rendre au Finisterre dans la journée puisqu'elle quitte l'Espagne demain.(34Km)
Donc, je me lève parce que je ne ferme plus les yeux et je me prépare. Une fois prête à partir, j'entends des gouttes de pluie à l'extérieur. Quant cela ne tienne, je sors mon poncho et tout est beau. Cependant, il n'est que 7h30 et le soleil se lève vers 8h30. À ce moment, j'ai manqué à deux de mes principes: partir plus tard pour ne pas marcher à l'obscurité et ne pas partir quand il pleut. De plus, je décide de déjeuner en chemin, les prochains restaurants n'étant qu'à 3 km.
Bon, il pleut vraiment beaucoup et il vente. Je me dis que je vais me rendre au prochain village qui est à 3 ou 4 km et que j'aviserai rendue là. J'y dormirai peut-être. Je marche en essayant de voir avec la pluie dans mes lunettes et le peu de lumières disponible. J'ai tôt fait de constater que les lampes frontales quand il pleut sont plus une nuisance qu'une aide. Donc, je ferme la mienne. Arrivée à un carrefour, je vois la stèle avec la coquille et je prends à gauche. C'est une petite route qui longe une rivière et je ressens de la peur. Je continue malgré cet avertissement; je traverse la rivière sur un barrage, je remonte sur l'autre rive et je ne me sens pas bien. En haut de la côte, pas de signe. J'aurai du me douter de quelques choses, Je prends à droite comme l'indique mon guide et un peu plus loin un camionneur arrête son camion. Il semble dire que ce n'est pas le bon chemin. Je retourne sur mes pas et prends un autre chemin à droite. Un autre camionneur me dit que ce n'est pas le bon chemin. Il me montrait le chemin du barrage et je ne comprennais pas parce que mon guide parlait de ce barrage. Je retourne sur le premier chemin et arrivée en bas, je découvre un chantier de construction. Un des ouvriers essaie de m'aider, mais son anglais avec un accent espagnol n'est pas évident à comprendre. Donc, je retourne au 1er carefour. Il m'avait bien dit de tourner à gauche. Pas de chemin à gauche. Je décide de retourner à Olveiroa afin de prendre un taxi jusqu'au prochain village. C'est pas correct, mais avec 4 Km de fait pour rien et mes impressions de frayeur sur le chemin, je me demande comment sera le reste de la journée.
Je repasse sur le barrage et à environ un demi Km de là, j'aperçcois la stèle avec la coquille que j'avais prise à gauche. Bien, j'avais fait erreur! Depuis Santiago vers le Finisterra, il faut les prendre à l'envers; j'avais donc inverser le signe et ce qui m'avait conduite sur le mauvais chemin.
Ayant constaté mon erreur, je me dis que je devrais me rendre au prochain village à pied puisque je n'étais plus perdue.
Je marche dans la forêt, tout est mouillé et je constate que mes bottes et mes vêtements le sont aussi. Je deciderai ce que je ferai au restaurant. Pour une fois, il y a bien un restaurant à 3 Km. Je débarque là trempée. Je commande mon petit déjeuner. Un vieil homme parle un peu le français. Il l'a appris en Suisse. Je sors mon ipad et m'informe de la météo pour les prochains jours. C'est comme prévu précédemment, il y a de la pluie jusqu'à dimanche. Me voilà prise avec cette pluie pour la journée, demain il y en aura un peu moins. Je prends mon courage à deux mains et j'enlève mes bottes pour mettre mes sandales. Les deux Suissesses, rencontrées sur la bateau entre Saint-Nazaire et Gijon, ne marchaient-elles pas en sandales? Je vais l'essayer. De plus, il ne fait pas froid dehors malgré la pluie et le vent. Une affiche m'avertit tout de même qu'il n'y aura aucun service sur les 15 prochains Km.
J'ai  mangé des noix pour dîner dans une petite halte aménagée près d'une chapelle.
J'ai marché 28 km finalement au lieu des 21 du guide. Je suis arrivée fourbue à Cée, mais quand j'ai vu la mer et la ville tout en bas, j:ai retrouvé assez d'énergie pour prendre quelques photos.
Je suis présentement dans une albergue avec 2 autres personnes. C'est vraiment loin de la foule des derniers jours. La pluie en a sans doute découragée plus d'un. Pour ma part, il me reste 14 Km pour Finisterra et 3 km allée-retour pour le bout de la terre. Gageons que j'y serai demain avec mes sandales aux pieds.

vendredi 3 octobre 2014

Santiago-Cap Finistere

24 Km aujourd'hui sous un soleil intense. Il faisait chaud en Espagne; ce n'était le moment de manquer d'eau.
La journée a bien commencé. Je me suis levée à 9h et j'ai préparé lentement mon pack. Je suis descendue dans le hall de l'hôtel pour prendre mon petit-déjeuner vers 10h. J'y ai rencontré un couple d"australiens qui arrivaient du Camino portugais. Ils avaient rencontré beaucoup de difficultés telles que pluie, boue, balisage approximatif. Donc, pas trop heureux de leur expérience, mais prêts à partir ce jour-là en voiture pour continuer la visite de l'Espagne. Ah! voyager en auto: une heure au lieu de cinq jours pour franchir 100 Km...
Ensuite, j'ai parlé avec un gars qui travaillait pour une compagnie qui entretient la mécanique des bateaux. Il voyage surtout en Europe pour aller sur place vérifier que tout va bien. C'est vraiment un drôle de travail.
Marieke est arrivée à l'heure convenue, 10h30, pour m'accompagner pour le premier Km de mon nouveau Camino. Je suis bien contente qu'elle soit là parce que j'ai bien besoin de chaleur humaine ce matin quand je pense à mon départ. Maintenant, je sais ce qui m'attend et savoir c'est parfois plus difficile que plonger dans l'inconnu.
Donc, Marieke m'a accompagnée jusqu'au confin de la ville de Santiago. Nous nous sommes fait un gros calin et nous avons promis de nous donner des nouvelles. Marieke utilisera Google Traduction pour lire mon blogue. Ce n'est pas précis, mais au moins elle aura une idée des sujets abordés.
Le chemin est très beau de ce côté-ci de Santiago. Bien lisse, recouvert de sable, bien drainé, on ne peut souhaiter mieux comme chemin.
Cependant, j'ai trouvé bien difficile la montée de près de 3 km entre  Augapesada et Alto do Mar de Ovellas. Sous un soleil de plomb, c'est encore plus dur. À Ponte Maceira, j'ai pu voir un pont médiéval entouré d'un beau paysage monumental.
Aujourd'hui, j'ai rencontré un américain et un espagnol qui étaient choqués que je ne parle pas parfaitement l'anglais étant donné que le Canada est un pays anglophone selon eux. Comment leur expliquer la situation particulière, politique, historique et ethnologique du Québec dans le Canada?
Il n'y a pas beaucoup de pèlerins sur ce chemin. J'en ai rencontré très peu. Un français qui marchait dans le sens inverse: il m'a expliqué qu'il était parti de France, qu'il s'était rendu jusqu'au Finisterre et qu'il repartait dans l'autre sens pour retourner chez lui à pied.
J'ai fait aussi un bout de chemin avec l'espagnol dont je vous ai parlé plus haut. Il a lu un livre qui pourrait m'intéresser une fois revenue: My camino par Sue Kenney. C'est une canadienne anglaise qui a fait le Camino en novembre et en décembre. Berrrr.
Finalement, je suis arrivée à Negreira. J'ai pris la première albergue que j'ai rencontrée. C'est une belle albergue, propre. Pour le moment, je ne connais personne. J'écris le blogue et je mange des fruits secs et des noix pour souper. J'ai bu une bonne bière cet après-midi et j'avais mangé un hamburger avec un jus d'orange frais ce midi.
Je vais me coucher de bonne heure. Je suis fatiguée: 24 Km à pied, ça use énormément, comme le dit la chanson.

Negreira-Vilaceiro

15 Km aujourd'hui. Aucune possibilité d'arrêt depuis Negreira. De plus, il pleut. J'ai décidé de prendre une chambre à l'albergue de ce village. Les albergues pour le moment sur le chemin du Finisterre répondent à tous mes critères: propres, savons dans les toilettes, papier pour essuyer nos mains. Enfin, le monde civilisé.
Encore de belles rencontres sur le chemin; je pensais au couple de Sherbrooke ce matin sur le chemin et bien voilà ils se sont arrêtés au même albergue que moi. Hasard ou synchronicité ou encore coïncidence, vous avez le choix!
Demain, mon objectif,  je marcherai 20 Km pour me rendre au moins à Hospital de Olveiroa.
 Ce qui est tout de même agréable, c'est que je ne suis plus obligée de faire cette marche, je la fait parce que cela me plait de rejoindre dans ce voyage les deux finisterres, soit celui de la France et celui de l'Espagne.

Vilaceiro-Olveiroa

Ce matin, je suis partie avec le soleil levant. Quels beaux paysages j'ai vus! Le chemin traverse la campagne galicienne, ondule entre les champs de maïs, monte pour presque atteindre les éoliennes, puis redescend vers une vallée chatoyante.   
Les agriculteurs profitent du beau temps pour récolter le maïs. Heureusement qu'ils sont aux champs parce que j'ai failli perdre mon chemin. À une intersection, j'ai vu un ange dessiné par terre avec des pierres et des branches. Pas trop allumée, je passe mon chemin. Cependant, je me demandais pourquoi je remontais la montagne alors que je l'avais descendue depuis quelques Kilomètres. Un bon kilomètre plus loin, voilà un agriculteur qui passe devant moi avec son tracteur. Il semble vouloir me dire quelque chose, mais avec le bruit du moteur, je ne comprends pas. Finalement, il descend de son tracteur et me fait signe que si je continue je m'en irais vers Santiago. J'ai rebroussé chemin et j'ai vu à l'intersection où est l'ange que la stèle du Camino est posée à l'inverse de la direction du chemin. Donc, c'est l'explication qui excuse mon erreur.
Du haut de cette montagne, j'ai vu un beau lac. Le premier du voyage!
Ensuite, j'ai continué ma route jusqu'à Olveiroa où je me suis arrêtée à une albergue privé. Juste avant j'ai rencontré Sylvie, une québécoise, et nous avons pris une chambre pour deux. Imaginez-vous qu'en Europe, les portes ferment à double tour et que je suis restée enfermée dans la chambre parce que je ne trouvais plus ma clé et que Sylvie était partie à l'extérieur. J'ai du cogner et crier pour que quelqu'un avertisse Sylvie et qu'elle vienne m'ouvrir la porte.
Nous avons soupé avec Denis et Louise. C'est la première fois avec seulement des québécois.
Aujourd'hui, il y avait un restaurant à environ 10 Km du point de départ. Ce qui est très agréable et j'ai marché 23 km.








jeudi 2 octobre 2014

Santiago

Grand luxe aujourd'hui: levée à 10 heure, lecture des derniers courriels et des nouvelles, préparatifs pour la visite de 2 ou 3 musées. Belle soirée prévue avec des amis.
Le summum du confort : rester deux jours au même endroit. Ça fait du bien.
De retour à ma chambre, j'ai visité 3 musées. Il est 16 h et j'ai marche 7.5 km. Je vais sûrement atteindre 15 km ce soir.
Je profite de cette pose pour planifier mon périple au Cap Finisterre et à Muxia.
Je suis repartie à 18 h pour rejoindre les amis à la cathédrale vers 19 h. Je me suis arrêtée au Museo dos Perigrinos. J'y ai vu une maquette impressionnante de l'ensemble des bâtiments de la cathédrale : le cloître, l'église, le palais épiscopale. De plus, une autre maquette de la ville au XIIe siècle m'a fait voir les anciennes murailles, les 7 portes qui les perçaient et les rues existantes de l'époque. J'ai pu faire le lien avec le dessin étrange de quelques rues actuelles de la vieille ville.
J'avais pris l'audio guide en français pour la visite de la cathédrale et ce fut une excellente idée. Les panneaux explicatifs ne sont qu'en espagnol!
À l'exposition On the Road, j'ai participé à une œuvre qui est constituée d'enregistrement de milliers de battements de cœur. Imaginez que j'ai un CD et un numérique d'identification. Me voici donc immortalisée!
J'ai assistée aux vêpres  à la cathédrale où, avec les amis, on s'était donné rendez-vous. J'espérais voir le botafumerio. Marieke l'avait vu à la messe de 12 h. Il n'a pas bougé. C'est une petite déception pour moi. Je ne le verrai pas prochainement parce que j'ai décidé de profiter de la belle météo pour me rendre au Cap Finisterra et à Muxia.
Marieke fera les premiers km avec moi. Je suis contente; je me sens un peu seule quand je pense à ce départ.
Hier, j'ai rencontré un Hongrois qui avait dormi lui- aussi à Ligonde à l'albergue chrétienne où j'ai rencontré Marieke. Il pars aujourd'hui pour la Hongrie. C'est vraiment étrange comme de si courte rencontre nous amène sur le chemin de l'amour universel.
J'ai revu aussi le jeune hongrois à l'église. Il était en prière. Je ne l'ai pas dérangé.
J'ai aussi revu les policiers avec qui j'ai parlé hier. Ils n'ont fait de beaux sourires et de grands signes de la main en passant dans leur auto patrouille. Décidément, cette ville est fantastique.










mercredi 1 octobre 2014

Monte Do Gozo-Santiago 5 Km

Ce matin, je me suis levée vers 7h. Je partageais une chambre avec 5 autres personnes, dont un couple de Brésilliens, et il ne restait que moi et 2 Sud Coréens. Ça part tôt sur le Camino. Je me  demande encore pourquoi parce que le soleil ne se lève que vers 8h. Il faut donc marcher avec une lampe frontale ou une lampe de poche à la main. Mais, il parait que pour certains la tranquilité du matin est sans égale.
Par compte, Santiago est une si grande ville que l'activité est déjà intense tôt le matin. Je marche lentement; je veux savourer ces derniers instants. Je croise le jeune Polonais d'hier et nous faisons quelques coins de rue ensemble. Un peu plus loin, grande surprise Marieke me rejoint. Nous rions parce que je devrais être derrière elle, pas devant, avec ma lenteur...
C'est vraiment agréable de pouvoir partager ce beau moment. Au loin entre les toits des édifices, nous voyons le clocher de la cathédrale et quelques pas plus loin, nous voici devant. C'est la prise de photos en face de celle-ci. Puisqu'il est tôt, Marieke suggère d'aller chercher notre credential tout de suite parce la file peut être longue. Bonne idée, nous allons à l'Officio del pelegrinos. Heureusement que Marieke a un bon guide dans sa poche pour connaitre les secrets de Santiago.
Comme je suis partie d'un lieu inhabituel pour mon pélérinage, la préposée se pose quelques questions. Le patron connait l'abbaye de Saint-Mathieu en Bretagne; c'est correct pour mon document. Le tout me coûte 5 Euros. Cela vaut bien cela; ce souvenir est important pour moi.
Malgré que, tout à l'heure dans la file,  je faisais cette remarque: 'Tout cela pour un bout de papier!' Je suis parfois un peu rabat-joie.
Ensuite, nous déposons nos bagages à mon hôtel puisque on ne peut pas pénétrer dans la basilique avec nos sacs à dos. Je l'ai choisie parce pas chère et à 200 mètres de la cathédrale. Excellent choix! nous allons déjeuner. Le café est exquis et les toasts aussi avec de la marmelade de fraises. Que c'est bon!
Nous visitons la cathédrale et attendons patiemment le début de la messe. Quel ne fut pas ma surprise de reconnaitre mon vieil homme d'hier, celui que je voyais chanceler devant moi, c'est un des prêtres qui officient la messe.
Malheureusement pour nous, la botafumerio n'a pas bougé. Je vous laisse le soin de chercher ce que c'est. Notez que pour 300 Euros, elle bouge selon votre volonté.
Donc, nous quittons la cathédrale pour aller voir où se trouve le monastère des Franciscains. Marieke a vu sur Internet qu'à tous les 100 ans, les Franciscains remettent la cotolaya à ceux dont je fais partie qui ont placé leur pélérinage sous la protection de Saint-Françcois-D'Assise. Nous devrons revenir vers 17h parce que c'est fermé durant l'après-midi (particularité espagnole).
Nous nous séparons afin de prendre un peu de repos dans nos hôtels respectives. Marieke est à environ 1 km de la cathédrale et c'est facile d'y aller parce qu'elle n'a qu'à suivre les coquilles du Camino de Santiago.
J'en profite pour aller à l'office du tourisme pour avoir les informations qui concernent le chemin du Finisterre. J'essaie de savoir aussi où je pourrais rester après mes 2 nuits dans cette chambre paradisiaque. Il ne restait aucune chambre dans cet hôtel, ni dans celle de Marieke. Donc après une tentative infructueuse, je m'en remet à la grâce de Dieu.
Marieke et moi avons rendez-vous au monastère des Franciscains. Nous obtenons facilement la cotolaya et nous voici prêtes pour souper. Nous n'avions que peu mangé aujourd'hui avalant un café et des toasts à 10h.
Choix difficile, nous avons opté pour une terrasse avec, par hasard, pour voisins de tables deux caminos francophones, un de Sherbrooke, un de La Rochelle. J'ai mon hébergement grâce à eux: il me parle du monastère Menor qui offre des chambres individuelles pour 16 Euros. Marieke commande un hamburger et moi une paella à l'encre de calmar. Délicieux!
Marieke et moi, nous donnons rendez-vous pour demain à 19h30 à la cathédrale: à l'office du tourisme, on m'a dit que le botafumerio bouge tous les jeudis à cette heure-là. Puisque j'avais reçu un courriel d'un couple rencontré sur le bateau entre Saint-Nazaire et Gijon qui me donnait rendez-vous en face de la cathédrale, j'ai décidé de les inviter à se joindre à nous. Nous irons peut-être manger chez Manulo pour souper demain. Il offre un bon menu de pèlerins pour 9 Euros et il parait que tous les québécois connaissent ce restaurant. Donc, un autre incontournable.
Ce qui est agréable ici, c'est de rencontrer les anciens compagnons de route avec nous avons passé parfois une heure, une journée ou une semaine et d'être si heureux de se revoir mutuellement. Cette atmosphère de fête et de joie est ce qui rend Santiago si exceptionnelle.





mardi 30 septembre 2014

Salceda-Monte Do Gozo 24 Km

J'ai dormi 12 heures la nuit dernière et cela m'a été très bénéfique. J'ai décidé de tenter de me rendre à Monte  Do Gozo pour n'avoir que 4 ou 5 Km à marcher demain matin.
Je suis vraiment bien ce matin puisque en plus de prier le bon Dieu pour mes pieds, j'ai pris une petite pillule.
Donc, n'ayant plus de mal, je peux voler à 4 Km. J'ai mangé à O Pedrouzo une ensalada mixta assez bonne d'ailleurs. C'est fait avec du thon, des œufs, des tomates, des asperges blanches, des oignons blancs et de la laitue.
Passé Amenal, le chemin longe l'aéroport de Santiago. Que c'est bizarre de marcher sur un chemin vieux de 900 ans et de longer un aéroport créé pour accomoder les pélerins d'aujourd'hui. Encore, quelques albergues le long du chemin. Je m'arrête manger une crème glacée et up, je repars. Ce matin, j'ai rencontré un jeune Polonais venu sur le pouce en Espagne et un très vieux monsieur qui marche encore moins vite que moi. Je pensais qu'il allait s'effondrer tellement il était instable.
Les 8 derniers Km ont été un peu plus difficles parce qu'il n'y avait aucune possibilité de changer d'idée et de s'arrêter en chemin. Aucun hébergement en vue. Donc, je sais pourquoi cela s'appelle Monte Do Gozo: le chemin monte durant les 10 derniers Km.
J'ai même croisé une petite vipère qui ne tenait pas elle n'ont plus à faire connaissance.
Enfin, je suis bien arrivée à l'albergue. C'est un centre immense qui peut acceuillir dans centaines de personnes. La cafétéria est excellente. J'ai mangé un bon hamburger. J'ai rencontré aussi Shirley qui vient d'Alberta. Elle est très fatiguée elle aussi. Nous avons discuté quelques minutes. Elle me dit que je parle bien l'anglais. Cool!
J'essai de rejoindre Mareike qui est ici elle aussi. Mais cet albergue est si grand que je ne sais pas si nous pourrons nous rencontrer. Nous aurions aimé rentrer à Santiago ensemble.

lundi 29 septembre 2014

Boente-Salceda 21 km

Partie de très bonne heure ce matin avec Marieke, nous avons marché plus d'une heure avec nos lampes de poche dans la forêt. Heureusement que nous étions deux parce que j'aurais eu peur d'être toute seule dans la nuit. La surface du sentier est assez lisse; donc pas de mauvaise surprise de ce côté.
Le sentier ne traverse pas beaucoup de villages dans cette section. Par compte, nous avons passé par Azrua qui est une grande ville. Il était 9h 30. Je ne me suis pas arrêtée.  J'aurais du parce que ce n'est que 10 Km plus loin que j'ai enfin pu relaxer un peu. Il était 11h30, un peu tôt pour le dîner, mais avec la rareté des établissements touristiques, c'était la meilleure chose à faire. J'ai mangé une assiette d'oeufs, de bacon et de jambon servie avec une miche de pain sans oublier la cerveza.
Je ne me sens pas très bien aujourd'hui. Je n'ai plus de plaisir. Le fait de voir toutes ces stèles avec le kilométrage pour Santiago me rend impatiente et découragée. C'est à la fois si proche et encore si loin. J'ai hâte de finir. Mes pieds et mon corps sont fatigués. J'avoue que je suis lasse de marcher. M'arrêter si près du but est impensable pour moi.
Les paysages de Galice ressemblent tant de ceux de Bretagne. J'ai une impression de monotonie qui s'installe. Souhaitons que la ville et la cathédrale de Saint-Jacques sauront relancer mes capacités d'émerveillement.
Mareike m'avait laissée un peu après Azrua. Elle marche plus vite que moi et veut se rendre à San Irene. Pour ma part, j'ai décidé de m'arrêter après 20 Km malgré que je suis bien pour marcher aujourd'hui parce que j'ai pris une Tylenol au déjeuner. J'ai renouvelé la dose au dîner.
Chanceuse, il y a une maison de pension à 21 Km. J'aurai une chambre pour moi toute seule. Quel bonheur! J'ai fait mes petites affaires: douche, lavage et autres obligations de l'itinérante pèlerine que je suis devenue au fils des jours.
Cependant, une grande déception m'attendait. Le WiFi ne rentre pas dans mon ipad. J'espère qu'à force de fermer et d'ouvrir le router que je pourrai enfin me connecter. Une soirée sans WiFi, seule en plus, me fait penser que je vais peut-être m'ennuyer un peu. Vivre en dortoir répond au besoin d'être entouré d'humains, la chaleur humaine nous aussi nécessaire que la nourriture. La connexion internet répond aussi à ce besoin; plus on est loin, plus on sent le besoin de communiquer avec les siens. Je me rend compte que l'être humain est plein de contradictions. Moi qui avait tant à dire, tant à vérifier, tant à chercher, me voici condamnée à dormir. Pour que ça passe plus vite, je devrai peut-être aller prendre une marche!
Demain, je prévois enfin une grasse matinée si possible et une marche de 20 Km. Après demain, au plus 10 km et j'arriverai à Saint-Jacques-de-Compostele dans un mélange d'émotions de joie et de tristesse. J'ai peur de ce vide que je pourrais éprouver. Je m'en approche d'heure en heure. Dans moins de 7 heures de marche, j'y serai. Ma vitesse de croisière étant de 3 à 5 km / heure; imaginez qu'en voiture la même distance se parcourt en à peine 15 minutes.
Et bien, Santiago n'est plus qu'à 25 Km; j'y serai dans 2 jours. Je ne suis pas si pressée d'autant plus que ce sera la fête de Saint-François-D'Assise le 4 octobre. Puisqu'il fut mon guide tout le long du chemin, je me vois mal manquer cette célébration.
Finalement, il est 18 h 20, le proprio téléphone au fournisseur internet. Toujours pas de connexion. Après un second téléphone, il semble que ce serait la compagnie de téléphone qui fournit internet qui est en trouble! Tu parles d'une malchance.
Ce matin, la connexion est ok. J'ai dormi jusqu'à 8 heure. J'ai encore un petit blues ce matin...la madame est frustrée encore de sa soiree d'hier.

dimanche 28 septembre 2014

Palas de Reis-Boente

Il pleut ce matin à Palas de Reis. Mais, il faut partir quant même. Santiago n'est plus qu'à 65 km. Je pars avec mon amie allemande, Mareike. Le chemin est plutôt beau avec des montées et des descentes biensûr, mais il passe par des forêts de pins et d'eucalyptus; un délice pour le nez.
Arrivée à Melide, on passe sur un pont et une petite bourgade près d'une église. Surprise, Mareike n'y attend. Il est 11h; nous décidons de nous arrêter à la borne du 50 Km.
Ensuite, une longue montée dans un champs loin des habitations. Nous traversons la ville avec difficulté: c'est jour de marché publique et la ville est envahie par les kiosque de vêtements, de fruits et de légumes. La foule est dense, je dois demander mon chemin à plusieurs reprises. J'ai perdu de vue Mareike...
À la sortie de Melide, je retrouve avec bonheur ma nouvelle amie. Nous nous trouvons dans un petit pled perdu face à la borne 50 Km, sans restaurant, sans albergue. Je me demande bien si nous avons eu raison de ne pas arrêter en ville. À 30 mètres, une église, je demande à la dame où est la prochaine albergue et le restaurant.
Le restaurant est à 40 mètres derrière nous et la prochaine albergue à 6 km devant. Mareike voudrait retourner à Melide, mais pour moi pas question de retourner en arrière. Donc, en arrivant au restaurant, je prends 2 tylénol. Nous mangeons du pain et de fromage frais avec une bouteille d'eau minérale pour 4,2 Euros.
Mareike vérifie dans son guide. Il y a bien une albergue à 6 Km. Mais avant de marcher jusque là, je veux avoir la certitude que nous aurons une place. Je demande si quelqu'un parle l'anglais dans le restaurant et la serveuse offre ses services pour téléphoner pour nous. C'est OK.
Donc, je ne sais pas si ce sont les pilules, mais je vole à côté de Mareike. Plus de douleur....
L'albergue est bien sympathique. Il y a une piscine et un bar. Je me dis que je vais peut-être prendre encore une petite dose de pillules pour les prochains 45 Km.
Je viens de réserver ma chambre pour Santiago. je pense que c'est raisonnable de penser que j'y serai le 1er octobre. Je resterai 2 jours à l'hôtel pour bien savourer mon succès sur le camino.


jeudi 25 septembre 2014

Fonfria-Palas de Reis

Levée tôt encore ce matin. Les amis sont en feu. Ils ont tous une bonne raison d'être rendus à Santiago le plus tôt possible; sauf moi, j'ai le temps.
Donc, je n'ai pas vraiment d'attente en ce qui concerne le nombre de kilomètres que je ferai aujourd'hui.
Déjeuner aux oeufs de poule, café américain, des toats et des toasts pour la premièere fois depuis longtemps. Hier soir, un souper au poulpe en a déçu au moins deux. D'où l'envie de filer vers la ville pour avoir plus de choix de restaurants.
Enfin départ vers 7h30 au petit jour. Le soleil ne se lève que vers 8h. Fonfria est en amont de Triacastela. À Triacastela, deux choix: passer par Samos ou par Saint-Xil. J'ai pris Saint-Xil comme les amis, me disant qu'avec 4 km de moins que Samos, c'était un bon choix.
Pas tout à fait. Grosses montées, suivies de grosses descentes, le chemin rocailleux me rentre dans les jambes et les pieds. Pas beaucoup de services non plus. J'ai eu du mal à m'arrêter à un restaurant. Il était situé sur une ferme et on n'y servait pas de soupe. Par compte, le gâteau aux fruits y était excellent. Si j'avais connu un peu plus d'espagnol, j'aurais demandé la recette.
Donc, grosse journée encore. Moi qui voulait limiter la distance que je parcourerais, je ne pouvais pas arrêter faute d'albergue.
Après avoir avalée 28 Km, je voyais Sarria au loin et une albergue s'est pointée à ma droite. Que faire? Il faut dire que j'avais décidé de prendre une journée de congé de marche pour le lendemain. J'avais le choix de rester dans ce pled en pleine campagne ou prendre un taxi pour me rendre à Sarria où  les copains m'attendaient un peu. L'odeur de ferme et la solitude des lieux ont eu tôt fait de me décider. Et, up, un taxi. 6Km=6Euros. J'ai retrouvé la gang pour la dernière fois.
J'ai pu visiter Sarria sans effort. Je l'ai traversée en voiture taxi et j'ai marché jusqu'au monastère. Auparavant, il faut dire que je me suis arrêtée prendre une bière au bar avec mes 5 copains.
À 19h, messe au Monastère San Magdalena. Le prêtre, durant l'homélie, a parlé de la nécessité de s'entraider et de s'aimer dans les familles à cause de la crise qui sévit en Espagne. 25% de chômage, les plus vieux parmi vous s'en rappelleront: au Québec aussi, nous avons connu cela. Toujours est-il que l'amour dans les familles ne devrait-il pas être présent même sans crise économique?
Après ce si bon et long discours, je suis en appétit. Nous retrouvons une amie canadienne et ses amis, rencontrés auparavant, à un bien agréable restaurant italien. Au menu, lasagne, spagetti, macaroni, vin, ouf! Je ne vais pas maigrir.
Cependant, mon intention de prendre congé s'estompe un peu. Que vais-je faire toute la journée dans cette petite ville? Je décide donc de faire encore un petit bout de chemin demain sans me stressée.
C'est ce que j'ai fait. Lever vers 8h30 au lieu de 6h30, départ à 9h30 sur le Camino. Et voilà, j'ai terminé ma journée après 21 km à Vilacha en vue de Portomarin qui est à 25 Km d'ici. Petite journée sur un sentier qui monte et qui descend, mais où je me permet d'arrêter pour presque flâner.
Je suis logée dans une albergue privée. Elle est tenue par une Danoise et j'aurai comme compagnes de dortoir deux Hollandaises et cinq Allemandes. J'espère bien qu'elles ne ronfleront pas. Je pratique mon anglais; je devrais prendre des cours soit d'anglais, soit d'espagnol en revenant. Enfin, je verrai...
Santiago n'est plus qu'à 90 Km. Donc, dans 5 jours, je devrais y être.


Vilacha-Ligonde:

Hier, le 25 septembre, je me suis arrêtée à Vilacha puisque j'étais épuisée. De toute façon, je ne voulais suivre le groupe. Ils sont trop speedy pour moi.
Je me suis retrouvée dans une albergue privée tenue par une danoise et un afrikaner. Ils passent 7 mois par an en Espagne et  le reste de l'année en Afrique du Sud. J'étais accompagnée de deux Hollandaise et 5 allemandes se sont jointes à nous.
Un bon souper avec de la soupe aux pois verts, du spaghetti et de la crème caramel; le tout arrosé de bon vin.
Ce matin, les allemandes sont parties de bonne heure (6 heure). Ça m'a réveillé un peu. mais je suis restée au lit jusqu'à ce que les hollandaises se lèvent. Le gars est venu nous chercher pour le déjeuner. Il avait hâte qu'on parte?
Au départ, j'avais encore mal aux pieds. Je suis donc retourné pour refaire mes pansements sur les orteils du pieds droit. J'ai pris le raccourci suggéré par l'aubergiste et j'ai sauvé les escaliers de Portomarin.
La surface du chemin était beaucoup plus belle, mais pas de restaurant, ni de village pour les 10 premiers km. C'est certain que dans ce temps-là, on arrête au premier. Ici, à Gonza pour un café et une banane verte. Rendue à Hospital de la Cruz, j'ai mangé une omelette. C'est à ce moment que j'ai vu un livre sur une femme aveugle qui a ouvert des écoles de brailles au Tibet. J'ai pris les références parce que cette biographie m"intéresse.
L'aubergiste de  Ligonde avait réservé pour moi et les allemandes une chambre dans une albergue de Portos. Les allemandes étaient parties très tôt sans prendre de petit déjeuner. Quel ne fut pas ma surprise de les voir arriver à Ligonde aprés moi! Il faut vous dire que je suis pas mal tortue sur le chemin et que ce n'est pas dans mes habitudes de dépasser les amis pèlerins. Et bien, elles en ont sué un coup parce que d'une part, il s'agissaient de leur 2e journée de marche et qu'elles n'ont pas trouvé de restaurant avant un bon bout de chemin. Imaginez qu'il leur restait encore 5 Km à marcher à partir de Ligonde.
Donc, bonne joueuse, je leur ai demand. de m'excuser auprès de l'aubergiste ou on avait réservé parce que je demeurait à Ligonde faute de plus d"énergie. 21 Km qu'en même depuis le matin.
À Ligonde, il y a une albergue chrétienne qui s'appelle La puente des peregrinos.
Les hospitaliers offrent du café, du thé et le coucher gratuitement. Ina que je venais de rencontrer sur le chemin avait décidé de s'y arrêter. ( Ina a une énorme ampoule sur le côté du pied. Elle a commencé son Camino à Saint-Jean-Pied-de-Port et m'a dit qu'elle devra s'arrêter bientôt parce que son avion est dans 2 jours à Santiago.) Une autre allemande rencontré auparavant y dormira; une couple d'Irlandais et un autre allemand. Donc, pas trop dangereux d'y rester, d'autant plus qu'une des bénévoles est française.
Je prends ma douche, je lave mon linge et je marche 0.5 Km pour avoir le WIFI. Faut vouloir donner des nouvelles avec mon mal de pied. Mais, enfin, je me disais que je faisait mieux d'avertir la famille avec ces fous de Dieu.
Cependant, je n'ai pas regretté d'avoir passe la nuit chez eux. Il s'agit du groupe AGAPE que je connaissait un peu déjà. Pas de fanatiques, juste de bons hôtes. J'ai hâte de vous montrer la paella géante qu'ils avaient cuisinée. On a passé une belle soirée. Avant de souper, ils nous ont fait écouter le film COURAGEOUS avec du pop corn. Je me serais cru chez maman. Après le souper, nous avons échangé sur le chemin et sur le pèlerinage en anglais, en français, en espagnol et en allemand. Toutes ces langues en traduction simultanée...
Enfin, j'ai bien dormi. Tout le monde s'est levé presque en même temps vers 8h. Petit déjeuner aux céréales et go sur le chemin. Je n'ai regretté d'avoir changé d'idée pour la réservation de la veille. Ça m'aurait fait marcher 25 Km.

Ligonde-Palas de Reis

Ce matin, j'ai eu droit à une brume intense sur la vallée que le chemin dominait. J'ai pris plusieurs photos. J'ai entendu les chiens chanter ou hurler comme des loups. Je ne sais pas ce qu'ils avaient à dire malgré mes pensées pour Saint-François-D'Assise qui savait parler aux animaux.
Ina est partie devant; j'ai marché seule.
Cependant quant on fait une pause, on reconnait les personnes qu'on a rencontré les jours précédents. Mes 2 Hollandaises étaient là; elles poussaient jusqu'à CASANOVA. Je me demande si c'est à cause du gars célèbre qui portait ce nom.
J'ai eu des nouvelles des copains; ils sont à 50 Km de Santiago. Moi, je suis à 70Km; si ça va bien je pousserai jusqu'à Melide. Il me resterait 55 Km. Donc, encore 3 ou 4 jours.
Ce matin, j'ai lu dans La Presse ce qui se passe en Irak dans l'EI. J'ai été horrifiée. Je vous avoue que j'ai pleuré. Par la suite, sur le chemin, je suis entrée dans une église. Le prêtre accueillait personnellement les pèlerins pour étamper les credentials. Je lui ai demandé de me bénir. Il m'a pris la tête dans ses mains et j'ai ressenti une grande émotion. J'avais les larmes aux yeux et je suis persuadée que cela me protégera des dangers du chemin.
Finalement, j'ai pris une albergue à Palas de Reis avec une allemande rencontrée hier. J'ai vu Ina tout à l'heure, elle prenait le bus pour Santiago. Donc, pas de Compostela pour elle. Je vous rappelle qu'il faut marcher absolument les 100 derniers Km et pour preuve, il faut avoir dans notre Credential ( calepin du pèlerins) au moins 2 tampons par jour.
J'ai un peu regretté d'avoir pris cette albergue sans avoir demandé s'il fournissait le WiFi parce qu'il n'y en a pas. Mais, bon, je suis au café en face et je sirotte une bonne bière pression en mettant à jous mon blogue. Que je suis misérable!sic