Levée tôt encore ce matin. Les amis sont en feu. Ils ont tous une bonne raison d'être rendus à Santiago le plus tôt possible; sauf moi, j'ai le temps.
Donc, je n'ai pas vraiment d'attente en ce qui concerne le nombre de kilomètres que je ferai aujourd'hui.
Déjeuner aux oeufs de poule, café américain, des toats et des toasts pour la premièere fois depuis longtemps. Hier soir, un souper au poulpe en a déçu au moins deux. D'où l'envie de filer vers la ville pour avoir plus de choix de restaurants.
Enfin départ vers 7h30 au petit jour. Le soleil ne se lève que vers 8h. Fonfria est en amont de Triacastela. À Triacastela, deux choix: passer par Samos ou par Saint-Xil. J'ai pris Saint-Xil comme les amis, me disant qu'avec 4 km de moins que Samos, c'était un bon choix.
Pas tout à fait. Grosses montées, suivies de grosses descentes, le chemin rocailleux me rentre dans les jambes et les pieds. Pas beaucoup de services non plus. J'ai eu du mal à m'arrêter à un restaurant. Il était situé sur une ferme et on n'y servait pas de soupe. Par compte, le gâteau aux fruits y était excellent. Si j'avais connu un peu plus d'espagnol, j'aurais demandé la recette.
Donc, grosse journée encore. Moi qui voulait limiter la distance que je parcourerais, je ne pouvais pas arrêter faute d'albergue.
Après avoir avalée 28 Km, je voyais Sarria au loin et une albergue s'est pointée à ma droite. Que faire? Il faut dire que j'avais décidé de prendre une journée de congé de marche pour le lendemain. J'avais le choix de rester dans ce pled en pleine campagne ou prendre un taxi pour me rendre à Sarria où les copains m'attendaient un peu. L'odeur de ferme et la solitude des lieux ont eu tôt fait de me décider. Et, up, un taxi. 6Km=6Euros. J'ai retrouvé la gang pour la dernière fois.
J'ai pu visiter Sarria sans effort. Je l'ai traversée en voiture taxi et j'ai marché jusqu'au monastère. Auparavant, il faut dire que je me suis arrêtée prendre une bière au bar avec mes 5 copains.
À 19h, messe au Monastère San Magdalena. Le prêtre, durant l'homélie, a parlé de la nécessité de s'entraider et de s'aimer dans les familles à cause de la crise qui sévit en Espagne. 25% de chômage, les plus vieux parmi vous s'en rappelleront: au Québec aussi, nous avons connu cela. Toujours est-il que l'amour dans les familles ne devrait-il pas être présent même sans crise économique?
Après ce si bon et long discours, je suis en appétit. Nous retrouvons une amie canadienne et ses amis, rencontrés auparavant, à un bien agréable restaurant italien. Au menu, lasagne, spagetti, macaroni, vin, ouf! Je ne vais pas maigrir.
Cependant, mon intention de prendre congé s'estompe un peu. Que vais-je faire toute la journée dans cette petite ville? Je décide donc de faire encore un petit bout de chemin demain sans me stressée.
C'est ce que j'ai fait. Lever vers 8h30 au lieu de 6h30, départ à 9h30 sur le Camino. Et voilà, j'ai terminé ma journée après 21 km à Vilacha en vue de Portomarin qui est à 25 Km d'ici. Petite journée sur un sentier qui monte et qui descend, mais où je me permet d'arrêter pour presque flâner.
Je suis logée dans une albergue privée. Elle est tenue par une Danoise et j'aurai comme compagnes de dortoir deux Hollandaises et cinq Allemandes. J'espère bien qu'elles ne ronfleront pas. Je pratique mon anglais; je devrais prendre des cours soit d'anglais, soit d'espagnol en revenant. Enfin, je verrai...
Santiago n'est plus qu'à 90 Km. Donc, dans 5 jours, je devrais y être.
Vilacha-Ligonde:
Hier, le 25 septembre, je me suis arrêtée à Vilacha puisque j'étais épuisée. De toute façon, je ne voulais suivre le groupe. Ils sont trop speedy pour moi.
Je me suis retrouvée dans une albergue privée tenue par une danoise et un afrikaner. Ils passent 7 mois par an en Espagne et le reste de l'année en Afrique du Sud. J'étais accompagnée de deux Hollandaise et 5 allemandes se sont jointes à nous.
Un bon souper avec de la soupe aux pois verts, du spaghetti et de la crème caramel; le tout arrosé de bon vin.
Ce matin, les allemandes sont parties de bonne heure (6 heure). Ça m'a réveillé un peu. mais je suis restée au lit jusqu'à ce que les hollandaises se lèvent. Le gars est venu nous chercher pour le déjeuner. Il avait hâte qu'on parte?
Au départ, j'avais encore mal aux pieds. Je suis donc retourné pour refaire mes pansements sur les orteils du pieds droit. J'ai pris le raccourci suggéré par l'aubergiste et j'ai sauvé les escaliers de Portomarin.
La surface du chemin était beaucoup plus belle, mais pas de restaurant, ni de village pour les 10 premiers km. C'est certain que dans ce temps-là, on arrête au premier. Ici, à Gonza pour un café et une banane verte. Rendue à Hospital de la Cruz, j'ai mangé une omelette. C'est à ce moment que j'ai vu un livre sur une femme aveugle qui a ouvert des écoles de brailles au Tibet. J'ai pris les références parce que cette biographie m"intéresse.
L'aubergiste de Ligonde avait réservé pour moi et les allemandes une chambre dans une albergue de Portos. Les allemandes étaient parties très tôt sans prendre de petit déjeuner. Quel ne fut pas ma surprise de les voir arriver à Ligonde aprés moi! Il faut vous dire que je suis pas mal tortue sur le chemin et que ce n'est pas dans mes habitudes de dépasser les amis pèlerins. Et bien, elles en ont sué un coup parce que d'une part, il s'agissaient de leur 2e journée de marche et qu'elles n'ont pas trouvé de restaurant avant un bon bout de chemin. Imaginez qu'il leur restait encore 5 Km à marcher à partir de Ligonde.
Donc, bonne joueuse, je leur ai demand. de m'excuser auprès de l'aubergiste ou on avait réservé parce que je demeurait à Ligonde faute de plus d"énergie. 21 Km qu'en même depuis le matin.
À Ligonde, il y a une albergue chrétienne qui s'appelle La puente des peregrinos.
Les hospitaliers offrent du café, du thé et le coucher gratuitement. Ina que je venais de rencontrer sur le chemin avait décidé de s'y arrêter. ( Ina a une énorme ampoule sur le côté du pied. Elle a commencé son Camino à Saint-Jean-Pied-de-Port et m'a dit qu'elle devra s'arrêter bientôt parce que son avion est dans 2 jours à Santiago.) Une autre allemande rencontré auparavant y dormira; une couple d'Irlandais et un autre allemand. Donc, pas trop dangereux d'y rester, d'autant plus qu'une des bénévoles est française.
Je prends ma douche, je lave mon linge et je marche 0.5 Km pour avoir le WIFI. Faut vouloir donner des nouvelles avec mon mal de pied. Mais, enfin, je me disais que je faisait mieux d'avertir la famille avec ces fous de Dieu.
Cependant, je n'ai pas regretté d'avoir passe la nuit chez eux. Il s'agit du groupe AGAPE que je connaissait un peu déjà. Pas de fanatiques, juste de bons hôtes. J'ai hâte de vous montrer la paella géante qu'ils avaient cuisinée. On a passé une belle soirée. Avant de souper, ils nous ont fait écouter le film COURAGEOUS avec du pop corn. Je me serais cru chez maman. Après le souper, nous avons échangé sur le chemin et sur le pèlerinage en anglais, en français, en espagnol et en allemand. Toutes ces langues en traduction simultanée...
Enfin, j'ai bien dormi. Tout le monde s'est levé presque en même temps vers 8h. Petit déjeuner aux céréales et go sur le chemin. Je n'ai regretté d'avoir changé d'idée pour la réservation de la veille. Ça m'aurait fait marcher 25 Km.
Ligonde-Palas de Reis
Ce matin, j'ai eu droit à une brume intense sur la vallée que le chemin dominait. J'ai pris plusieurs photos. J'ai entendu les chiens chanter ou hurler comme des loups. Je ne sais pas ce qu'ils avaient à dire malgré mes pensées pour Saint-François-D'Assise qui savait parler aux animaux.
Ina est partie devant; j'ai marché seule.
Cependant quant on fait une pause, on reconnait les personnes qu'on a rencontré les jours précédents. Mes 2 Hollandaises étaient là; elles poussaient jusqu'à CASANOVA. Je me demande si c'est à cause du gars célèbre qui portait ce nom.
J'ai eu des nouvelles des copains; ils sont à 50 Km de Santiago. Moi, je suis à 70Km; si ça va bien je pousserai jusqu'à Melide. Il me resterait 55 Km. Donc, encore 3 ou 4 jours.
Ce matin, j'ai lu dans La Presse ce qui se passe en Irak dans l'EI. J'ai été horrifiée. Je vous avoue que j'ai pleuré. Par la suite, sur le chemin, je suis entrée dans une église. Le prêtre accueillait personnellement les pèlerins pour étamper les credentials. Je lui ai demandé de me bénir. Il m'a pris la tête dans ses mains et j'ai ressenti une grande émotion. J'avais les larmes aux yeux et je suis persuadée que cela me protégera des dangers du chemin.
Finalement, j'ai pris une albergue à Palas de Reis avec une allemande rencontrée hier. J'ai vu Ina tout à l'heure, elle prenait le bus pour Santiago. Donc, pas de Compostela pour elle. Je vous rappelle qu'il faut marcher absolument les 100 derniers Km et pour preuve, il faut avoir dans notre Credential ( calepin du pèlerins) au moins 2 tampons par jour.
J'ai un peu regretté d'avoir pris cette albergue sans avoir demandé s'il fournissait le WiFi parce qu'il n'y en a pas. Mais, bon, je suis au café en face et je sirotte une bonne bière pression en mettant à jous mon blogue. Que je suis misérable!sic
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire