dimanche 14 septembre 2014

Étapes bretonnes -suites

Me voilà rendue déjà à Quimperlé! Incroyable que j'ai réussi à marcher ce chemin à raison de plus de 20Km par jour.
Puisque j'ai déjà relaté les deux premières étapes, je continuerai mon récit à la 3e.

Entre Doualas et Châteaulin, la marche allait bien. J'ai bien fait jusqu'à Le Faou. (21Km) La signalisation est difficile à trouver en ville, mais aucun détour majeur jusque là. Trois vielles dames m'ont aidée à trouver le chemin.
Cependant, rendue à Le Faou, j'ai constaté qu'il me restait 27 Km avant d'atteindre Châteaulin. J'ai donc pris un taxi pour me rendre au ESAT. ( Ma chambre y était réservée et puisque toutes les autres gites avaient été aussi réservés à l'avance par Dominique, je ne pouvais pas me permettre de faire autrement. Tout le reste aurait décalé. ) Le ESAT,  c'est un centre équestre et des handicapés y travaillent.
J'y étais très bien logée, seule dans mon dortoir. J'ai pu faire mon lavage. Il y avait un FIL à linge à ma disposition.

4e Étape Châteaulin-Briec
Au matin, mes bas ne sont pas secs. J'en ai qu'une paire; il faut les mettre quand même. ( Oh! Erreur fatale! J'ai des ampoules aux pieds depuis lors.)
27 Km à faire. Je me suis préparé, sur les conseil de Yannick, mon fils, une boisson énergétique avec du jus d'orange, de l'eau et du sel. Cela compensera la perte d'eau et de sels minéraux de mon organisme. Il fait 30C en Bretagne. Du temps exceptionnel en septembre par ici. Avec cette boisson, j'arrive dorénavant pas mal moins fatiguée.
Cependant, cette étape, que j'appellerai affectueusement, le chemin des chapelles m'a donné pas mal de fils à retorde.
Au départ, les arbres du canal Nantes-Brest avaient souffert des tempêtes de janvier dernier qui ont déracinées une grande quantité d'arbres. Donc, après une dizaine de kilomètres, j'ai rencontré une équipe de bûcherons qui s'affairaient à couper la tête des arbres couchés, à traverser de l'autre côté du canal les troncs et les branches à l'aide de bateaux et de câbles. Évidemment, le travail n'était pas terminé. Vous auriez ri de me voir passer par-dessus ou par-dessous des troncs de 1 mètre de diamètre, de me voir tomber sur le dos comme une tortue ou pire de voir mon sac empalé par des branches.
Non contente d'avoir traversé cette épreuve, j'ai monté une longue côte, passée sans m'en rendre compte et, surtout sans m'arrêter, devant la fontaine qui guérit l'eczéma. Arrivée en haut, j'ai vu l'affiche qui l'annonçait, pour ensuite déboucher sur un chemin de bois presque refermé.
Alors qu'il me restait à peine 4 Km à marcher selon le gentil monsieur de la source aquarium ( voir section ANECDOTES du blogue), les coquilles m'indiquent de prendre un chemin qui tourne dans le sens opposé à la direction que je devais suivre pour me rendre à Briec. Je fais confiance, je tourne sur ce chemin. Je vois une jolie chapelle et je rencontre un peu plus loin une promeneuse qui me conseille de rebrousser chemin. Voulant suivre le vrai chemin, je continue à suivre les coquilles. Arrivée à l'intersection suivante, aucune coquille pour m'accueillir. Je tourne à gauche pour reprendre la direction initiale. Je rencontre à nouveau ma promeneuse et elle m'indique comment arriver à Briec par la grande route.
Ce fut long et pénible surtout lorsque deux vieux peintres rencontrés après avoir tourné à un carrefour sans savoir vraiment si je devais aller dans cette direction, ont presque refusés de m'aider. Heureusement, ils ont consenti à me dire qu'il me restait encore 2 Km pour atteindre Briec par la route principale. Laissez-moi vous dire que je n'ai pas suivie les coquilles vues entre temps et qui voulaient me faire visiter une autre chapelle. Et oui, je les ai loupées intentionnellement.
Découragée et les pieds en feu, je me suis rendue à Briec. Cependant, je n'en pouvais plus. Deux autres peintres, très jeunes, s'affairaient autour de la première maison du village.
Je leur demande: ''Je vais à Landudal. Est-ce encore loin?''
''Au moins encore 4Km...'' '' Non, vous en êtes bien certains.'' ''Oui, madame, je demeure à Landudal.'' '' Ah! Est-ce que je pourrais téléphoner à ma logeuse?'' '' Bien sur, madame, je fais ça pour vous.''''Merci'' Et, Mme LeJeanne est venue me chercher à l'entrée de Briec.
C'est ainsi que je constate que les jeunes sont serviables avec moi. Ils n'hésitent pas à m'aider et vont jusqu'à arrêter en voiture pour me rassurer sur la direction du chemin à prendre quand je perd les coquilles de vue.
Chez Mme LeJeanne, j'ai eu un accueil  formidable. J'avais un salon, une cuisine, une chambre et une salle de bain juste pour moi. J'ai fait le tour de son jardin avec elle. Son mari et elle m'ont cuisiné du poulet rôti. J'étais aux anges au Relais de Kerguen.

5e étape Briec-Elliant (21Km)
Cela devait être dans du beurre. Ce le fut sauf que j'ai perdu les coquilles après Langolen à la pisciculture. Que cela ne tienne, j'ai pris la grand route et je me suis rendue à Élliant par le grand chemin.
J'ai trouvé Mme Le Bihan grâce aux indications de deux jeunes ados qui faisaient du vélo. Le fils de Mme Le Bihan, Yannick, m'attendait et m'a montré ma chambre. Après avoir pris une douche, je suis allée à la pharmacie du village pour acheter des pansements contre les ampoules. Je suis allée aussi à l'Intermarché pour acheter des bas de coton.
Entre temps, Mme Bihan était revenue avec tout son épicerie. Il y en avait partout. Il faut dire que Mme Le Bihan prends soin de son fils, de son cousins Loic, de deux handicapés et qu'elle a une multitude d'amis et amies.
Chez Mme Le Bihan, on a bien bu: j'ai particulièrement apprécié le vin rosé TARANI, Côte du Rhones. On a mangé avec ses amis, Momo, qui a déjà fait Compostele, et Bruno, qui enseigne la pâtisserie. Son cousin est agent d'immeuble. J'étais contente qu'il m'amène en auto jusqu'au bazar pour timbrer ma Compostela à cause de mes pieds douloureux. De plus, au bazar, le gars nous a dit que l'Église était ouverte et nous y avons été.
Toujours est-il que Mme Le Bihan est très recevante et j'ai mangé des crevettes en entrée et du cabillot en sauce bonne femme. Absolument magnifique!
Le lendemain matin, petit problème avec mon café qui contenait de drôles de petits bateaux....Retour case départ avec des contenants scellés.
Ensuite, Mme Le Bihan me dit qu'elle a l'habitude de reconduire les pèlerins à une ferme parce qu'elle trouve le chemin trop tortueux aux alentours de Élliant. Évidemment, je ne voulais pas frustrée mon hôtesse et j'ai accepté de sauver un certain nombres de Km par politesse envers elle.

6e étape: Élliant-Saint-Jacques de Bannalec (15 Km)
La route est belle et j'ai rencontré un gentil monsieur qui m'a fait visité la chapelle Sainte-Yvonne. De plus, il m'a dit de faire attention sur le petit pont qui traverse le ruisseau en bas de la côte. C'est vrai qu'il manquait une planche au centre, mais il n'étais pas très haut. Je suis traversée sans problème en me guidant avec mes bâtons. Juste avant la grand route qui mène à Bannalec, je suis sortie du bois sur la petite route qui y mène et je n'ai pas vu de coquilles. J'ai tourné à gauche par intuition et au carrefour, j'ai vu l'affiche routière qui annonçait Saint-Jacques et sa chapelle. J'ai marché sur le côté asphalté de la route des automobiles. Encore une fois, ce fut un jeune homme dans sa voiture qui m'a confirmé que j'étais sur la bonne route.

 Arrivée sur place, M. Fregeo est facile à trouver. Il a le seul établissement du village. Un bar avec une épicerie et tout un bazar de souvenirs, en plus de ses attributs de druide. M. Fregeo est un druide de l'ancienne religion qui était partiquée en Bretagne bien avant que le christianisme n'y parvienne. M. Fregeo est vraiment spécial: on l'aime ou on le déteste. Il ne laisse personne indifférent.
M. Fregeo pratique des mariages druidiques dans sa clairière entourée de pierres paléolithiques. Avis aux amateurs de Noces originales. J,ai vu des photos et c'est d'une beauté pleine de simplicité.
M. Fregeo, c'est aussi un esprit libre qui aime bien provoqué. Ancien déserteur de la guerrre d'Algérie, felquiste breton en 68, il a conservé sa ferveur pour la sauvegarde de la culture bretonne et de la terre. Il est biensûr écologiste jusqu'au bout des ongles puisque sa religion défend l'harmonie de la terre, de l'eau et du feu. Cependant, il ne faut pas manquer d'humour pour avoir une saine relation avec lui. N'y a-t-il pas écrit à l'entrée de son bar: ''Interdit aux cons''. Je n'ai pas osé lui demander s'il acceptait les connes.
Toujours ait-il que j'ai eu pas mal de plaisir à blaguer avec lui. J'ai même osé un ''Vive la France '' en partant  qui l'a laissé perplexe un moment. Cela nous a permis d'échanger un peu sur la maudite France qui a essayé d'assimiler son peuple et de la même France qui nous a abandonnés aux Anglais.
J'ai aussi connu Mme Fregeo qui a soigné mes pieds avec une grande gentillesse. Bain de pieds au gros sel, perçage et drainage d'ampoule, application d'argile verte pour faire sécher la plaie etcrème  rafraichissante ont fait un grand bien à mes outils de travail (ah,ah!). Mme Fregeo m'a servi du confit de canard avec un gâteau que son fils avait fait. Il s'appelle Tugdual en l'honneur d'un des 7 saints fondateurs de la Bretagne. Il n'a que 20 ans et est cuisinier.

Saint-Jacques-de-Bannalec-Bodélio ( 21Km)

Bodélio-Quimperlé ( 15Km)

Quimperlé-Redon en train (Visite de la ville de Redon: 7 Km)

Redon-Saint-Nazaire en car


















2 commentaires:

  1. Tes récits sont vivants et détaillés. Je peux imaginer l'émotion qui t'habite. On a presque l'impression d'y être. Je te souhaite de belles surprises au cours des kilomètres à venir. Expérience inoubliable pour débuter une nouvelle étape de vie.

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  2. Merci de m'écrire. Cela me donne du courage et de la motivation pour continuer mon récit.
    J'attends présentement le traversier pour l'Espagne. Demain ce sera le début d'une nouvelle aventure.

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