Étape de Rabanal de Camino vers Monlinaseca (28 Km)
Hier soir, j'ai assisté aux Vêpres à l'église du monastère. Cette église était si vieille et si craquelée que j'avais presque peur qu'elle s'écroule. Cela aurait pu se produire, s"il y avait eu un tremblement de terre. Les chants grégoriens étaient très beaux. J'aime beaucoup le grégorien. La parole a été lue en plusieurs langues et comme une seule personne comprenait l'espagnol, le prêtre a dit son homélie en anglais. Il était assez évident que la salle était remplie de pèlerins. Il a donc parlé de notre marche. Il a fait l'éloge de la lenteur, ce qui m'a touché, et il a rappelé que notre marche nous donnait l'occasion de méditer.
Après ce vibrant conseil, mes 3 amis et moi avons été soupé. En Espagne, on soupe tard à partir de 19h30. Au restaurant, le menu du pèlerin est traduit en 5 langues. De plus, il est à un prix très abordable: 12 Euros pour la soupe à volonté ou une entrée, un plat principal, un dessert, du vin, de l'eau. Nous avions l'équivalent de 2 bouteilles de vin et ça a coûté 44 Eros pour les quatre. Au Québec, cela représente à peine une bouteille de vin au restaurant. Donc, la grosse misère encore hier soir.
C'est un peu difficile le matin. Il faut se lever tôt pour arriver tôt aux albergues afin d'avoir une place. 1er arrivé, 1er servi.
Donc, lever à 6h 30, petit déjeuner et up, on est parti! Le petit déjeuner est constitué d'un café américain avec une variété de pains, de fromage ou de confiture selon le bon vouloir du proprio. Par compte, le jus d'orange frais est toujours au menu et il est délicieux. Je vous dit qu'ils ne sont pas trop d'affaire parce qu'il manque parfois d'aliments ou de la volonté pour satisfaire la clientèle.
Ce matin, c'était le grand jour de la remise des intentions de prières au pied de la Croix de fer. La brume est au rendez-vous avec son lot de froideur et d'humidité. J'ai mis mon grand poncho de pluie pour me protéger.
Pour monter à la Croix de fer, pas plus de 10 Km. La vision est impressionnante. Purée de pois, purée de pois et tout à coup, tel un fantôme, on voit le monticule de pierres apportées par les pèlerins planté d'un long poteau surmonté par une petite croix de fer presque insignifiante étant donné la hauteur du monticule. L'émotion est à son comble. J'ai demandé à un pèlerin allemand de me prendre en photo quand j'ai escaladé le tas. J'ai récupéré mon appareil photo et je suis remontée jusqu'en haut. J'y ai laissé mes pierres moi aussi et je les ai photographiées.
J'ai du me résoudre à partir. La croix était entourée de brume derrière moi. Je me sentais si légère...
Puis comme pour me remercier, le ciel s'est dégagé devant moi, devenant si clair et si ensoleillé. J'ai pu voir la lande et les montagnes qui m'entouraient.
La descente a été très pénible avec tous ces cailloux qui roulaient sous mes pieds. Je ne suis presque pas arrêter. Je voulais compléter l'étape. Arrivée à Monlicaseca, tous les hébergements sont pleins. Je suis découragée et je regrette un peu d'avoir poussé ma machine si loin (28 Km). 2 Km plus loin. ouf une aubergue m'accepte. Il ne restait qu'une place! Je me suis mise à pleurer en arrivant à mon lit.
Je ne voulais pas sortir pour souper; j'ai manger à l'aubergue du spaghetti, de la salade, du gâteau et du vin. J'écris un peu avant le dodo et à demain.
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