lundi 29 septembre 2014

Boente-Salceda 21 km

Partie de très bonne heure ce matin avec Marieke, nous avons marché plus d'une heure avec nos lampes de poche dans la forêt. Heureusement que nous étions deux parce que j'aurais eu peur d'être toute seule dans la nuit. La surface du sentier est assez lisse; donc pas de mauvaise surprise de ce côté.
Le sentier ne traverse pas beaucoup de villages dans cette section. Par compte, nous avons passé par Azrua qui est une grande ville. Il était 9h 30. Je ne me suis pas arrêtée.  J'aurais du parce que ce n'est que 10 Km plus loin que j'ai enfin pu relaxer un peu. Il était 11h30, un peu tôt pour le dîner, mais avec la rareté des établissements touristiques, c'était la meilleure chose à faire. J'ai mangé une assiette d'oeufs, de bacon et de jambon servie avec une miche de pain sans oublier la cerveza.
Je ne me sens pas très bien aujourd'hui. Je n'ai plus de plaisir. Le fait de voir toutes ces stèles avec le kilométrage pour Santiago me rend impatiente et découragée. C'est à la fois si proche et encore si loin. J'ai hâte de finir. Mes pieds et mon corps sont fatigués. J'avoue que je suis lasse de marcher. M'arrêter si près du but est impensable pour moi.
Les paysages de Galice ressemblent tant de ceux de Bretagne. J'ai une impression de monotonie qui s'installe. Souhaitons que la ville et la cathédrale de Saint-Jacques sauront relancer mes capacités d'émerveillement.
Mareike m'avait laissée un peu après Azrua. Elle marche plus vite que moi et veut se rendre à San Irene. Pour ma part, j'ai décidé de m'arrêter après 20 Km malgré que je suis bien pour marcher aujourd'hui parce que j'ai pris une Tylenol au déjeuner. J'ai renouvelé la dose au dîner.
Chanceuse, il y a une maison de pension à 21 Km. J'aurai une chambre pour moi toute seule. Quel bonheur! J'ai fait mes petites affaires: douche, lavage et autres obligations de l'itinérante pèlerine que je suis devenue au fils des jours.
Cependant, une grande déception m'attendait. Le WiFi ne rentre pas dans mon ipad. J'espère qu'à force de fermer et d'ouvrir le router que je pourrai enfin me connecter. Une soirée sans WiFi, seule en plus, me fait penser que je vais peut-être m'ennuyer un peu. Vivre en dortoir répond au besoin d'être entouré d'humains, la chaleur humaine nous aussi nécessaire que la nourriture. La connexion internet répond aussi à ce besoin; plus on est loin, plus on sent le besoin de communiquer avec les siens. Je me rend compte que l'être humain est plein de contradictions. Moi qui avait tant à dire, tant à vérifier, tant à chercher, me voici condamnée à dormir. Pour que ça passe plus vite, je devrai peut-être aller prendre une marche!
Demain, je prévois enfin une grasse matinée si possible et une marche de 20 Km. Après demain, au plus 10 km et j'arriverai à Saint-Jacques-de-Compostele dans un mélange d'émotions de joie et de tristesse. J'ai peur de ce vide que je pourrais éprouver. Je m'en approche d'heure en heure. Dans moins de 7 heures de marche, j'y serai. Ma vitesse de croisière étant de 3 à 5 km / heure; imaginez qu'en voiture la même distance se parcourt en à peine 15 minutes.
Et bien, Santiago n'est plus qu'à 25 Km; j'y serai dans 2 jours. Je ne suis pas si pressée d'autant plus que ce sera la fête de Saint-François-D'Assise le 4 octobre. Puisqu'il fut mon guide tout le long du chemin, je me vois mal manquer cette célébration.
Finalement, il est 18 h 20, le proprio téléphone au fournisseur internet. Toujours pas de connexion. Après un second téléphone, il semble que ce serait la compagnie de téléphone qui fournit internet qui est en trouble! Tu parles d'une malchance.
Ce matin, la connexion est ok. J'ai dormi jusqu'à 8 heure. J'ai encore un petit blues ce matin...la madame est frustrée encore de sa soiree d'hier.

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